Confessions d'un révolutionnaire/02

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Confessions d'un révolutionnaire/02/01 Confessions d'un révolutionnaire/02/03

[original French]

du Créateur: c'est ce que l'histoire de l'esprit humain, chez tous les Peuples, constate d'une manière invariable.

Mais qu'est-ce que Dieu ? Voilà ce que demandent aussitôt, et d'un mouvement irrésistible, le croyant et le philosophe. Et, comme corollaire de cette première interrogation, ils se posent immédiatement celle-ci : Quelle est, de toutes les religions, ta meilleure? En effet, s'il existe un Être supérieur à l'Humanité, il doit exister aussi un système de rapports entre cet Être et l'Humanité : quel est donc ce système? La recherche de la meilleure religion est le second pas que fait l'esprit humain dans la Raison et dans la Foi.

A cette double question, pas de réponse possible. La définition de la Divinité échappe à l'intelligence. L'Humanité a été tour à tour fétichiste, idolâtre, chrétienne et bouddhiste, juive et mahométane, déiste et panthéiste : elle a adoré tour à tour les plantes, les animaux, les astres, le ciel, l'âme du monde, et, finalement, elle-même : elle a erré de superstition en superslition, sans pouvoir saisir l'objet de sa croyance, sans parvenir à déterminer son Dieu. Le problème de l'essence et des attributs de Dieu et du culte qui lui convient, comme un piège tendu à son ignorance, tourmente l'Humanité dès son origine. Les Peuples se sont égorgés pour leurs idoles, la société s'est épuisée à l'élaboration de ses croyances, sans que la solution ait avancé d'un pas.

Le déiste, le panthéiste, comme le chrétien et l'idolâtre, est réduit à la foi pure. On dirait même, et c'est le seul progrès que nous ayons fait dans cette étude, qu'il répugne à la raison de connaître et de savoir Dieu : il ne nous est donné que d'y croire. Et c'est pour cela qu'à toutes les époques, et sous toutes les religions, il s'est rencontré un petit nombre d'hommes, plus hardis en apparence que les autres, qui, ne comprenant pas Dieu, ont pris le parti de le nier : on leur a donné le nom d'esprits forts ou d'athées.

Mais il est évident que l'athéisme est encore mo'ins logique que la foi. Le fait primitif, irréfragable, de la croyance spontanée à l'Être suprême subsistant toujours, et le problème que ce fait implique se posant inévitablement, l'athéisme ne pouvait être accepté comme solution. Bien loin qu'il témoignât de la force de l'esprit, il ne prouvait que son désespoir. Aussi en est-il de

[English translation]

of the Creator: it is that which the human mind/spirit, among all the Peoples, records in an invariable manner.

But what is God? That is what the philosopher and the believer immediately, and with an irresistible movement, demand. And, as a corollary to that first interrogation, this one arises immediately: What, of all the religions, is the best? Indeed, if there exists a Being superior to Humanity, there must also exist a system of relations between that Being and Humanity: what then is that system? The search for the best religion is the second step that the human mind makes in Reason and Faith.

To this double question, no response is possible. The definition of Divinity escapes the intelligence. Humanity has been by turns fetishist, idolater, Christian and Buddhist, Jew and Mohammedan, deist and pantheist: it has worshiped in turn plants, animals, stars, the heavens, the soul of the world, and, finally, itself: it has wandered from superstition to superstition, without managing to determine its God. The problem of the attributes and essence of God and of the worship that is proper to him, like a trap set for his ignorance, torments Humanity from its origin. The Peoples are sacrificed for their idols, society is exhausted by the elaboration of its beliefs, without the solution being advanced a step.

The deist and the pantheist, like the Christian and the idolater, is reduced to pure faith. One could even say, and it is the only progress we have made in this study, that it is repugnant to reason to know and understand God: it is only given to us to believe. And this is why in all eras, and under all religions, we encounter a small number of men, bolder in appearance than the others, who, not understanding God, have taken the part of denying him: we have given them the name of free spirits or atheists.

But it is clear that atheism is still less logical than faith. The basic, conclusive fact of the spontaneous belief in the supreme Being remaining always, and the problem implied by that fact inevitably posing itself, atheism could not be accepted as a solution. Far from testifying to the strength of the mind, it would only prove its desperation. It is with