Confessions d'un révolutionnaire/07

From The Libertarian Labyrinth
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Confessions d'un révolutionnaire/07/06 Confessions d'un révolutionnaire/07/08

[original French]

des religions, prise au sens littéral, est une idée contradictoire. Le problème n'est pas de savoir comment nous serons le mieux gouvernés, mais comment nous serons le plus libres. La liberté adéquate et identique à l'ordre, voilà tout ce que contiennent de réel le pouvoir et la politique. Comment se constitue cette liberté absolue, synonyme d'ordre? voilà ce que nous enseignera l'analyse des différentes formules de l'autorité. Pour tout le reste, nous n'admettons pas plus le gouvernement de l'homme pal l'homme, que l'exploitation de l'homme par l'homme...

Ainsi, la marche que nous nous proposons de suivre, en traitant la question politique et en préparant les matériaux d'une révision constitutionnelle, sera la même que nous avons suivie jusqu'à ce jour en traitant la question sociale. La Voix du Peuple, en complétant l'œuvre des deux journaux ses prédécesseurs, sera fidèle à leurs errements.

Que disions-nous, dans ces deux feuilles, tombées l'une après l'autre sous les coups de la réaction et de l'état de siége?

Nous ne demandions point, comme l'avaient fait jusqu'alors nos devanciers et nos confrères :

Quel est le meilleur système de communauté? la meilleure organisation de la propriété? Ou bien encore : Lequel vaut mieux de la propriété ou de la communauté? de la théorie de Saint-Simon ou de celle de Fourier? du système de Louis Blanc ou de celui de Cabet?

A l'exemple de Kant, nous posions ainsi la question :

Comment est-ce que l'homme possède? Comment s'acquiert la propriété? Comment se perd-elle? Quelle est la loi de son évolution et de sa transformation ? Où va-t-elle? Que veut-elle? Que représente-t-elle, enfin? Car il appert suffisamment, par le mélange indissoluble de biens et de maux qui l'accompagnent, par l'arbitraire qui fait son essence (jus utendi et abutendi) et qui est la condition sine quâ non de son intégralité, qu'elle n'est encore, de même que la Religion et le Gouvernement, qu'une hypothèse, ou mieux, une hypotypose de la Société, c'est-à-dire une représentation allégorique d'une conception de notre intelligence.

Comment, ensuite, est-ce que l'homme travaille? Comment s'établit la comparaison des produits? Comment s'opère la circulation dans la société? À quelles conditions? Suivant quelles lois?

[English translation]

of religions, taken in the literal sense, is a contradictory idea. The problem is not to know how we will be governed best, but how we will be the most free. Liberty suitable and identical to order, that is all that power and politics really contain. How is that absolute liberty, synonym of ordered, constituted? that is what the analysis of the different formulas of authority will teach us. For all the rest, we do not accept the government of man by man, any more than the exploitation of man by man...

Thus, the march that we propose to follow, in treating the political question and in preparing the materials for a constitutional revision, will be the same that we have followed up to this day in treating the social question. La Voix du Peuple, in completing the work of the two journals that preceded it, will be faithful to their wanderings.

What should we say, in these two papers, fallen one after the other under the blows of the reaction and the state of siege?

We should not as, as our predecessors and associates have thus far:

What is the best system of community? the best organization of property? Or better still: Is property or community worth more? the theory of Saint-Simon or that of Fourier? the system of Louis Blanc or that of Cabet?

Following the example of Kant, who should pose the question in this way:

Comment est-ce que l'homme possède? Comment s'acquiert la propriété? Comment se perd-elle? Quelle est la loi de son évolution et de sa transformation ? Où va-t-elle? Que veut-elle? Que représente-t-elle, enfin? Car il appert suffisamment, par le mélange indissoluble de biens et de maux qui l'accompagnent, par l'arbitraire qui fait son essence (jus utendi et abutendi) et qui est la condition sine quâ non de son intégralité, qu'elle n'est encore, de même que la Religion et le Gouvernement, qu'une hypothèse, ou mieux, une hypotypose de la Société, c'est-à-dire une représentation allégorique d'une conception de notre intelligence.

How, next, does man labor? How do we establish the comparison of products? How will circulation take place in society? On what conditions? According to what laws?