Confessions d'un révolutionnaire/13

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[original French]

voudraient-ils faire du plus pur de notre conscience une phantasmasie de mystères?...

Dieu est la force universelle, pénétrée d'intelligence, qui produit, par une information sans fin d'elle-même, les êtres de tous les règnes, depuis le fluide impondérable jusqu'à l'homme, et qui, dans l'homme seul, parvient à se connaître et à dire Moil Loin d'être notre maître, Dieu est l'objet de notre étude : plus nous l'approfondissons, plus, selon le côté par lequel nous l'envisageons, la nature des attributs que nous lui prêtons, il semble s'approcher ou s'éloigner de nous, à tel point que l'essence de Dieu, peut être considérée indifféremment comme l'essence de l'homme ou comme son antagoniste.

Comment les thaumaturges en ont-ils fait un être fixe et personnel, tantôt roi absolu, comme le dieu dos Juifs et des chrétiens, tantôt souverain constitutionnel comme celui des déistes, et dont la Providence incompréhensible n'est occupée, par ses préceptes comme par ses actes, qu'à dérouter notre raison?

Quel est cet ordre du salut, qui n'a rien de commun avec l'ordre du siècle; ce spirituel qui annule tout autre intérêt, cette contemplation qui avilit tout idéal, cette prétendue science inspirée contre toute science? Que nous veulent-ils, avec leurs dogmes sans base intelligible, avec leurs symboles sans objet positif, avec leurs rites dépourvus de signification humaine? Ou le catholicisme est l'allégorie de la société, ou il n'est rien. Or, le temps est venu où l'allégorie doit faire place à la réalité , où la théologie est impiété et la foi sacrilége. Un Dieu qui gouverne et qui ne s'explique pas, est un Dieu que je nie, que je hais par dessus toute chose.

Croyez-vous, quand je lui adresse cette question :

« D'où vient, ô mon Dieu, que la société est divisée en fractions ennemies, intolérantes, obstinées chacune dans son erreur, implacables dans leurs vengeances? Où est la nécessité pour la marche du monde et les progrès de la civilisation, que les hommes se détestent et se déchirent? Quelle Destinée, quel Satan a voulu, pour l'ordre des cités et le perfectionnement des individus, qu'ils ne pussent penser, agir librement les uns à côté des autres, s'aimer au besoin, et, en tous cas, se laisser tranquilles? »

Et que ce Dieu, par la bouche de ses ministres, me fait entendre cette parole impie :

[English translation]