Confessions d'un révolutionnaire/279

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Confessions d'un révolutionnaire/279/278 Confessions d'un révolutionnaire/279/280

[original French]

tion ni désordre, sans perte de temps, frais ou avaries. On m'accordera du moins que tout cela ne se pouvait faire sans une police, un ordre public quelconque, ne fût-ce qu'à litre de provisoire. La dictature même, toute dictature qu'elle eût été, aurait eu besoin pour les affaires politiques d'un ministère .ou gouvernement provoire, pour l'industrie et l'agriculture d'entrepreneurs provisoires, de fermiers provisoires; bref, de lois, de codes, de tribunaux provisoires, d'un état légal enfin, sans doute imparfait, mais tel quel indispensable, et que pour cette raison l'on aurait déclaré, comme la Constitution de 1848, essentiellement réformable et sujet à révision.

Pourquoi donc ne pas déclarer tout de suite que le régime établi serait observé jusqu'à révocation, et la réforme proclamée seulement après expérience? Fallait-il, en attendant qu'on eût fait une autre Constitution, laquelle n'eût pas manqué d'être progressive, par conséquent susceptible d'être toujours révisée, par conséquent provisoire, discuter, voter d'abord une Constitution provisoire? A quoi bon cette perle de temps? Pourquoi ne pas se mettre immédiatement à l'œuvre en s'appuyant sur une Constitution toute faite? En quoi les radicaux, devenus les maîtres, avaient-ils besoin de la violer?... Elle ne garantit pas, dit-on, le travail 1 Mais elle n'empêche pas non plus d'en solliciter l'organisation, si tant est que l'organisation du travail, au sens que tant de gens lui donnent, ne soit pas un mot vide de sens, \oulait-on intervenir en faveur de la Hongrie et de Rome ? La Constitution ne l'empêchait point, pourvu toutefois que l'intervention n'eût d'autre but que d'assurer la libre manifestation des peuples dans le choix de leur gouvernement, c'est-à-dire de les protéger contre l'étranger. Comment la présidence de la République, à laquelle Ledru-Rollin s'était, en décembre, porté candidat, n'aurait-elle pas suffi aux exigences du parti, et quelle nécessité de la convertir en une dictature?...

De pareilles questions ne se discutent pas : les poser, c'est les résoudre. Le Peuple, en insistant sur la constitutionnalité du parti démocratique et social, dans la prévision d'un revirement politiqne, servait mieux les intérêts de la Montagne qu'elle n'avait fait elle-même depuis un an. Le refus d'accepter, sans arrière-pensée, la Constitution, alors que de cette acceptation des Montagnards

[English translation]

or disorder, without loss of time, expense or damage. It will give me at least that all this could be done without a font, any public policy, were it only provisional liter. The same dictatorship, any dictatorship that had been, would have needed for political affairs of a department. Provoire or government, industry and agriculture entrepreneurs interim provisional farmers in short, laws, codes, temporary courts, a legal state, finally, perhaps imperfect, but as is necessary, and for that reason we have said, as the Constitution of 1848, largely reformed and subject to revision.

Why not say immediately that the scheme would be observed until revoked, and the reform proclaimed only after experience? Was it in the meantime we would have another constitution, which could not fail to be progressive, so that could always be revised, therefore provisional, discuss, vote a provisional constitution first? What is this pearl of time? Why not get to work immediately based on a Constitution made whole? What the radicals have become the masters, they needed to rape? ... This does not, say, a work but it does not apply to the organization, if indeed the organization of work, meaning that many people give him, is not a meaningless word, did they intervene in favor of Hungary and Rome? The Constitution did not prevent, however, provided that the intervention had no other purpose than to ensure the free expression of peoples in their choice of government, ie to protect against the abroad. How the Presidency of the Republic, which had Ledru-Rollin, in December, a candidate, would it not enough for the party's demands, and what necessity of converting it into a dictatorship? ...

Such issues are not discussed: the ask is the solution. The people, insisting on the constitutionality of the Social Democratic Party, in anticipation of a turnaround politiqne, served the best interests of the Mountain she had made herself a year ago. The refusal to accept, unreservedly, the Constitution, while the acceptance of the Montagnards