Contradictions politiques/115

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[original French]

droit et la paix, le monde tombe dans la dissolution, et ne trouve ni paix ni droit. Alors la Rome impériale recule devant son propre ouvrage; sur tous les points elle va se contredire et se déjuger : elle appelle les nations tributaires au droit de cité; au lieu d'un empereur, elle s'en donne quatre, et prépare ainsi de ses propres mains cette grande dissolution qui ne sera autre chose que le retour, d'ailleurs incomplet, aux unités originelles.

Plus que jamais le principe de l'unité, après avoir fait notre espoir, cause notre tourment ; c'est que jamais aussi ce principe ne fut moins compris, et plus maladroitement appliqué. Républiques et monarchies se jettent dans l'absorption unitaire; et ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'au moment même où elles affirment, comme autant de droits sacrés, les excès de cet unitarisme, elles revendiquent avec une égale passion le principe diamétralement contraire, la nationalité (1).


(1) Que l'unité du pouvoir, non-seulement dans ce qu'elle a de rationnel et de légitime, mais dans son exorbitance la

[English translation]

law and peace, the world falls into dissolution, and there is neither law nor peace. Then the Roman Empire fell before its own works; on all points, it will contradict iself and go back on its own decisions; it calls the tributary nations to citizenship; instead of one emperor, it gives itself four, and brings about, by its own hands, this great dissolution, which will be nothing other than a return, however incomplete, to the original units.

More than ever, the principle of unity, after having given us hope, causes our torment; for never before, too, has this principle been less well understood and more awkwardly applied. Republics and monarchies throw themselves into an infatuation wity unity, and what is most strange is that while they affirm the excesses of the unitary as if they were so many sacred rights, they claim with equal passion the diametrically opposite principle, that of nationality (1).


(1) That the unity of power, not only in its rational and legitimate aspect, but in the exorbitance