Contradictions politiques/116

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[original French]

L'erreur à ce sujet est si générale, si profonde, tellement invétérée; du vieux droit de conquête,


plus écrasante, ait fait, depuis 89, la préoccupation constante de nos publicistes et hommes d'État, c'est ce qui résulte surtout du texle de la constitution, républicaine et démocratique cependant, de 1848. Mais qui sait aujourd'hui ce que contenait cette constitution, qui s'en soucie? Qui, l'ayant lue, en comprit jamais la pensée principale? Qui se doute que le plus grand souci de ses auteurs fut de prémunir la République contre le républicanisme de ses institutions? Personne, pas même l'honorable M. Dupin, qui a publié un commentaire de ce chef-d'œuvre. Aussi le lecteur ne sera-t-il pas peu étonné tout à l'heure d'apprendre et de se convaincre par sa propre lecture que la constitution de 1848, produit, suivant les critiques du juste-milieu, de l'anarchie socialiste, fut conçue, préparée, discutée et votée dans un véritable emportement monarchique. Aucun acte, parmi les quinze conservés dans nos archives, ne témoigne à ce point de l'attachement de la France aux mœurs et aux formes du pouvoir royal.

Le Préambule est de toute édification : on dirait un sermon de M. le pasteur Coquerel. 11 commence par un signe de croix et finit en Gloria Patri. Je n'en citerai que les premiers mots, avec l'art. II et l'art. V, qui seuls ont trait à mon objet :

« En Présence De Dieu, ... la République française est démocratique, une et indivisible. » — Cela n'a l'air de rien; celle indivisible unité n'est, au début, pas plus grosse qu'un atome. Mais posez-vous la question, par simple manière d'éclaircissement : Pourquoi la République française, démocratique, se dit-on, ne serait-elle pas subdivisée en plusieurs souverainetés? Cela ne serait-il pas encore plus démocratique?... Et vous verrez aussitôt le monstre sortir de son embryon, el vous apparaître.

V. — « Elle (la République) respecte les nationalités étran-

[English translation]

The error on this subject is so broad, so deep, so inveterate; the old right of conquest,


that has been, since 1789, the constant concern of our publicists and statesmen is what is primarily a result of the text of the constitution, however, Republican and Democratic, in 1848. But who knows today what the constitution contains, and who cares? Who, having read it, has ever understood its leading thought? Who will doubt that the greatest concern of its authors was to protect the Republic against the republicanism of its own institutions? Nobody, not even the Honorable M. Dupin, who published a commentary on this masterpiece. Also the player will not be at all surprised to learn and be convinced by his own reading of the constitution in 1848, produced according to the just-critical environment, the social anarchy, was designed, prepared, discussed and voted in a genuine outburst of monarchy. No act, among the fifteen kept in our records, fails at this point to reflect France's attachment to the manners and forms of royal power.

The Preamble is rather edifying: it looks like a sermon by the Rev. M. Coquerel. It begins with a sign of the cross and ends with Gloria Patri. I will mention only the first terms of Art. II and Art. V, which relate only to my subject:

"In the Presence of God, ... the French Republic is democratic, one and indivisible." - This does not seem like much; an indivisible unity that is at first no bigger than an atom. But ask yourself this question, simply by way of clarification: Why is the democratic French Republic, as it is called, not subdivided into several sovereignties? Would that not be even more democratic? ... And you shall soon see the monster emerge from its embryo and appear before you.

V. - "It (the Republic) respects the nationalities of foreign