Création de l'ordre dans l'humanité/14

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[original French]

autant qu'elle méconnaît la fin de l'homme et le but de la Société.

33. Quel est le sens du sacrifice? La nécessité de l'expiation après le délit, et l'élévation du cœur à la vue de la nature, en signe de reconnaissance et d'amour. Idées sublimes, que le progrès des sciences ne fait que développer de plus en plus. Qui croirait que nos prêtres ne sont guère plus avancés sur ce point que les sauvages?

Le sauvage brise son idole quand il ne peut rien en obtenir; dans Homère, les héros cherchent à se rendre les dieux favorables par de magnifiques promesses ; au Pentateuque, on voit le dieu des Juifs régler lui-même sa part de gâteaux et de carbonnades. Aujourd'hui la basse messe coûte 15 sous, la grand'messe 3 francs ; partout le sacrifice assimilé à un échange, dont le prêtre est l'agent. Certes il est loin de ma pensée de reprocher aux curés leur modique casuel, qu'eux-mêmes dédaignent le plus souvent, et maudissent à l'égal d'une simonie : mais que le peuple vienne à penser que Dieu ne vend pas ses dons, qu'il pleut sur les fidèles et sur les mécréants, qu'il reçoit également dans sa miséricorde les âmes pour qui l'on offre des messes et celles qui n'en ont pas, et que devant lui la dévotion n'est rien sans les œuvres : alors adieu les messes salariées, adieu les profits de fabriques et le commerce des sacristies.

34. Voici, sur le sacrifice, la doctrine du plus profond des écrivains catholiques :

« La foi nous apprend qu'il a fallu, pour effacer le péché inhérent à la nature de l'homme, une victime théandrique. Peut-être les inventeurs des sacrifices humains avaient-ils appris cette vérité par quelque tradition vague, et les rites qui nous révoltent n'étaient de leur part qu'une tentative pour trouver cette victime. »

Quand l'homme, dit B. Constant, a sacrifié tout ce qu'il lui est donné d'offrir, les plantes, les fruits, les animaux, l'homme, le plaisir, la pudeur, la vertu même, il finit par immoler ses dieux.

35. Qu'est-ce que la prière? une méditation, le plus souvent toute faite, que l'homme grossier, ignorant, distrait, sans idées liées, apprend à répéter, et sur laquelle sa faible intelligence s'appuie pour s'élever à des pensées consolantes et généreuses. La prière, en un mot, pour des esprits peu exercés, est un auxiliaire de la réflexion, un commencement de philosophie. Les prêtres en ont fait une psalmodie ennuyeuse : rosaire, litanies, antiennes, guirlandes d’Oremus et d’Ave Maria, avec remise des peines temporelles et hypothèques pour l'autre vie.

Ce que la Religion renferme de profond et de divin, la Religion ne le sait pas : et pourquoi? toujours parce qu'elle se renferme

[English translation]

if it ignores the end of man and the purpose of Society.

33. What is the meaning of sacrifice? The need for atonement after crime and the elevation of the soul at the sight of nature, in gratitude and love. Sublime ideas, that progress in science can only expand. Who would believe that our priests are hardly more advanced on this point than the savages?

The savage breaks his idol when he can obtain nothing from it; in Homer, the heros try to win the favor of the gods by magnificent promises; in the Pentateuch, we see the god of the Jews decree for himself his own share of cakes and burnt offerings. Today, the low mass costs 15 sous, the great mass 3 francs; sacrifice is everywhere treated as an exchange, of which the priest is the agent. Far be it from me to begrudge priests of their modest revenue, which they themselves most often disdain and equate with the curse of simony - but let the people come to believe that God does not sell his gifts, that it rains on the faithful and the faithless alike, that he receives in his mercy the souls for whom we offer masses and those for whom we do not, and that devotion to him is nothing without works: farewell, then, to the salaried masses, farewell to the profits of church construction and the commerce in the sacristies.

34. Here, concerning sacrifice, is the doctrine of the most profound Catholic writers:

"Faith teaches us that to erase the sin inherent in human nature required a theandric victim. Perhaps the inventors of human sacrifice had learned the truth by some vague tradition and rituals that we were outraged by them an attempt to find the victim."

B. Constant said that when man sacrificed everything he had - plants, fruits, animals, man, pleasure, modesty, virtue itself - he ultimately sacrificed his gods.

35. What is prayer? a meditation, most often made, that man rude, ignorant, distracted, not related ideas, learn to repeat, and that low intelligence is rising to consoling thoughts and generous. Prayer, in a word for little minds exercised, is an auxiliary of thought, a beginning of philosophy. The priests have made it a boring chant: rosaries, litanies, antiphons, garlands of Oremus and Ave Marias, with remission of temporal punishment and mortgages for the next life.

What religion contains of the profound and divine, religion does not know; why? Because it always contains