Création de l'ordre dans l'humanité/232

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[original French]

convertissent : ce sont, dans l'échelle des êtres, des séries d'ordre supérieur qui se continuent en s'assimilant des matériaux inertes, soustraits à des séries d'ordre inférieur. Dans ces décompositions et recompositions organiques, les atomes physiques ne périssent pas, il est vrai, mais les unités sérielles sont anéanties. Il y aurait conversion de séries si, par exemple, des fragments de trèfle non trituré et digéré produisaient un bœuf vivant; si une tortue devenait aigle, comme la chenille qui, sans périr, devient papillon.

361. Ainsi, dans la série réelle, il y a une nature, un quelque chose qui résiste, qui se défend, qui veut rester ce qu'il est, et se brise plutôt que de se soumettre à aucune métamorphose, à la plus légère altération; quelque chose de plus que le poids, la couleur, le mouvement, la figure, la série; quelque chose enfin d'intraitable à la pensée de l'homme (1).

362. Au contraire, dans la série idéelle, les unités peuvent être transposées, retournées, sans cesser d'être elles-mêmes et de former des séries. La conversion qu'on a vue (213) du système quaternaire d'Ampère en un système ternaire en est un exemple. Les opérations mathématiques sonttoutes des conversions sérielles. Additionner, multiplier, diviser, extraire, en d'autres ternies, composer et décomposer un nombre, n'est-ce pas en convertir les genres et les espèces? D'un triangle équilatéral faites un rectangle d'égale surface ou d'égal périmètre; les propriétés de la ligne, des parallèles, de l'angle, subsistent toujours les mêmes. Si le cercle est incommensurable avec le carré, cela vient de ce que le cercle a




(1 ) Tout cela est on ne peut plus clair, et parfaitement exprimé. Ce qui suit laisse plus a désirer. L'auteur veut dire, ce semble, que les êtres dunt se compose la nature dans tous les règnes, bien qu'ils ne nous soient connus qu'en tant qu'ils sont séries, et comme séries, sont cependant quelque chose de plus que des idées. La preuve, ajoute-t-il, que ces objets ne sont pas de simples idées, c'est qu'ils ne se laissent point manier.faire et défaire, compi ser, décomposer ou recomposer à volonté, ce qui est le propre de l'idée pure. Toute opération intellectuelle peut très-bien se transformer en une autre, par exemple, ce qui est démontré par syllogisme être dé montré par induction ou série et vice versa, sans que la vérité, le résultat de l'opération en souffre. Pourquoi cela? Parce que, dans ce qui fait ici l'objet de l'analyse, il n'y a pas autre chose qu'une idée. Mais bien que l'entendement conçoive, a priori, la possibilité de disséquer un animal et puis de le faire revivre, comme l'on démonte et remonte une horloge, l'expérience prouve qu'une telle opération est impossible : preuve, conclut l'écrivain, et nous sommes en cela tout à fait de son avis, que l'animal est quelque chose de plus qu'une idée.

D'après cette théorie idéo-réaliste, la réalité de l'être irait en croissant du minéral au végétal, et du végétal à l'animal et à l'homme : elle atteindrait son maximum dans la société, la chose a la fois la plus libre, etqm souffre le moins l'arbitraire de ceux qui la gouvernent. C'est précisément le contraire de ce que suppose le vulgaire (Note de l'éditeur.)

[English translation]

convert: they are in the scale of beings, a series of higher order is still in assimilating inert material removed from a series of lower order. In these decompositions and reconstructions organic, physical atoms do not perish, it is true, but the serial units are destroyed. There would be conversion of series if, for example, fragments of crushed and clover not digested produced a live ox, and if a turtle became eagle, like the caterpillar which, without dying, becomes a butterfly.

361. Thus, in the real series, there is a kind, something which resists, which defends itself, which wants to remain what it is, and breaks rather than submit to any transformation, to the slightest alteration; something more than the weight, color, movement, shape, series, something finally that defies the thought of man (1).

362. On the contrary, in the series ideational, the units can be transposed, returned, without ceasing to be themselves and train sets. The conversion you've seen (213) of the quaternary system of Ampere in a ternary system is one example. Mathematical operations are all serial conversions. To add, multiply, divide, subtract, in other words, to compose and decompose numbers -- is this not to convert the genera and species? In an equilateral triangle made a rectangle of equal area or equal perimeter property line, parallels, angle, still remain the same. If the circle is incommensurable with the square, it is that the circle




(1) All this could not be more clear, and perfectly expressed. The following leaves more to be desired. The author means to say, it seems, that the beings that comprise nature in all its kingdoms, although we only know them insofar as they are series, and as series, they are nonetheless something more than mere ideas. The evidence, he adds, that these objects are not mere ideas is that they do not allow themselves to be manipulated, made and unmade, composed, decomposed, or recomposed at will, which is characteristic of the pure idea. Any intellectual operation may very well turn into another, for example, as demonstrated by syllogism be shown by induction or die series and vice versa, unless the truth, the result of the operation suffers. Why? Because, in what is here the object of analysis, there is nothing more than an idea. But although the understanding can conceive a priori the possibility of dissecting an animal and then reviving it, as one dismantles and reassembles a clock, experience proves that such an operation is impossible; evidence, the writer finds, and we are quite of his opinion in this matter, that the animal is something more than an idea.

According to this ideo-realist theory, reality would increase from the mineral to the vegetable and from the vegetable to the animal and man: it would reach its maximum in society, the thing that is both the most free and that least suffers the whim of those who govern. This is precisely the opposite of what the vulgar suppose. (Editor's Note.)