Création de l'ordre dans l'humanité/87

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[original French]

qui doit aboutir, selon les uns, à la science universelle ; selon les autres, à la spécialité philosophique, et qui se résout, ainsi que nous l'avons fait voir, dans la recherche d'une méthode.

Enfant de la religion, héritier de la philosophie, c'est cette méthode que j'essaye de décrire.

156. Dégager des sciences existantes ce qu'elles renferment de commun, c'est par là même découvrir ce qui fait leur certitude à toutes, leur caractère d'absolu ; c'est mettre en évidence la loi de la nature, la Logique de Dieu même.

Or, comme il est probable que ni Dieu ni la nature ne se contredisent, on peut présumer qu'il n'est, pour les sciences à créer, d'autre procédé général que celui des sciences déjà constituées : par exemple, que les choses de la politique et de la morale sont soumises aux mêmes lois de création et de développement, par conséquent à la même méthode de démonstration que la physique et la zoologie.

Cette présomption serait une vérité si, de la comparaison de quelques-unes des sciences, il résultait que la nature, infiniment variée dans ses moyens, ses applications et ses nuances, n'a réellement qu'une loi, une méthode, et ne peut en avoir qu'une. Dès lors, il suffirait, pour constituer une science, de rechercher quel en est l'objet spécial; puis, comme conséquence de cette découverte, quel est le mode particulier d'application de la loi générale qu'il suppose.

Telle est donc notre première question :

Quel est le fait commun et fondamental des sciences constituées, soit par rapport à leur objet, soit, ce qui revient au même, par rapport à leur méthode?

Que le lecteur veuille bien me suivre dans les détails où je suis obligé d'entrer : j'ai besoin, pour me faire entendre, de ces longues énumérations.

157. L'une des sciences les plus anciennement constituées, au moins dans ses principes, est l'Arithmétique.

Si je conçois la quantité sous l'image d'une ligne (je pourrais dire aussi bien d'une surface, d'une sphère, cela ne changerait rien à l'hypothèse) prolongée à l'infini, cette ligne, symbole de l'infini, m'est aussi obscure, aussi inappréciable que l'infini qu'elle représente.

Mais, si je conçois, à la place de cette ligue continue, une suite de points également prolongée à l'infini : j'aurai une idée nouvelle, l'idée dénombre; car qui dit nombre, dit nécessairement pluralité, division. Le nombre est donc la quantité divisée ou difi'érenciée à l'infini. Mais le nombre, d'après cette notion géné-

[English translation]

which must succeed, according to the ones, with universal science; according to the others, with the philosophical speciality, and which is solved, as showed we it, in the search for a method.

It is this method, the child of religion, the heir to philosophy, that I shall attempt to describe.

156. To find what the existing sciences have in common is consequently to discover what makes their certainty with all, their absolute character; it is to highlight the natural law, the logic of God himself.

However, as it is probable that neither God nor nature are contradicted, one can suppose that it is not, for sciences to be created, of another process general that that of sciences already made up: for example, that the things from there political and morals are subjected to the same laws of creation and development, consequently with the same method of demonstration as physics and zoology.

This presumption would be true if, from the comparison of some of the sciences, it resulted that their nature, infinitely varied in its means, applications, and nuances, had really only one law, one method, and that they could have only one. Consequently, it would be enough, to constitute a science, to seek which is the special object; then, in consequence of this discovery, what is the particular mode of application of the general law that it presupposes.

Such, then, is our first question:

What fact is common and fundamental to the constituted sciences, either with respect to their object, or, what amounts to the same thing, with respect to their method?

May the reader follow me carefully in the details into which I am obliged to enter: in order to make myself understood, I have need of these long enumerations.

157. One of the most ancient sciences, at least in its principles, is Arithmetic.

If I conceive quantity through the image of a line (I could also say the surface of a sphere, which would not change anything about the hypothesis) extended ad infinitum, this line, symbol of infinite, is as obscure, as inappreciable for me as the infinite it represents.

However, if I conceive, in place of this continuous line, a series of points also prolonged ad infinitum, I will have a new idea, the idea of number; because whoever says number necessarily speaks of plurality, division. Number is thus quantity divided or differentiated ad infinitum. But number, according to this general concept,