Création de l'ordre dans l'humanité/92

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Création de l'ordre dans l'humanité/92/91 Création de l'ordre dans l'humanité/92/93

[original French]

membraneùse des animaux. Les murs et les toits de sa maison, l'escalier qui la pircourt, les roues de son char, le treillage qui clôt son champ, le tonneau où il met sa boisson, le panier où il dépose ses aliments, la chaîne de son puits, la vis de ton pressoir, les denis de sa herse et de sa scie, les tuyaux de sa flûte et les cordes de sa lyre, témoignent de son génie symétrique, faiseur de divisions et d'assemblages.

165. Mais c'est surtout dans le langage, création spontanée de son instinct, que l'homme a le mieux suivi la loi des groupes et des divisions, à tel point que le langage n'est qu'un reflet des séries de la nature.

D'abord, emporté par son imagination et ses sens, l'homme n'aperçoit que l'être, la substance indivise et infmie. Son premier langage est, comme cette conception indifférenciée, formé de monosyllabes fixes et invariables. Mais bientôt il découvre dans cet infini substantiel des mouvements, des forces, des collections, des groupes, des séries, des rapports; aussitôt ses vocables s'animent, se meuvent, se fléchissent, se différencient: substantif et qualificatif, verbe et adverbe, article et préposition; puis nombre, genre, dualité, déclinaison, temps et modes, inflexions locatives, minoralives, aug- meniatives, etc., il y a expression pour tout.

Sensible, enfin, aux harmonies de la nature, l'homme voit partout le nombre, la cadence, l'alternance et la période :etilrhythme son langage, mesure sa phrase, cherche les consonnances, déroule sa pensée en pieds, en vers et en strophes; puis, mariant la parole au chant, au jeu des instruments, aux évolutions de la danse, il conçoit le drame et l'épopée. Les anciens philosophes nommaient Dieu l'éternel géomètre, ils pouvaient aussi bien l'appeler l'éternel musicien.

166. Pénétrez dans la constitution intime de cette parole merveilleuse, si merveilleuse que l'homme l'a d'abord personnifiée sous les noms de Minerve et de Muse ; puis, devenu philosophe, l'a faite égale à Dieu même, incarné dans notre nature sous le nom de Logos ou de Verbe : qu'y trouvez-vous? une série d'éléments simples :

a, è, é, i, eu, o, ou, u,
an, en,   in,     on, oun, un;
b, p, f, v, m;
d, t,       n;
g, k, l, r;
s, z,
j, ch.

[English translation]

of the animals. The walls and the roofs of his house, the staircase that traverses it, the wheels of his cart, the trellis-work which closes its field, the barrel in which he stores his drink, the basket where he deposits its food, the chain of his well, the screw of his press, the teeth of his harrow and saw, the pipes of his flute and the cords of his quadrant, testify to his symmetrical genius, maker of divisions and assemblies.

165. But it is above all in language, spontaneous creation of his instinct, that man has best followed the law of groups and divisions, to such a point that language is nothing but a reflection of the series of nature.

Initially, carried by his imagination and his senses, the man sees only being, the undivided and infinite substance. His first language, like this undifferentiated conception, is formed of fixed and invariable monosyllables. But soon, within this infinite substance, he discovers movements, forces, collections, groups, series, relations; at once his terms become animated, displaced, articulated, differentiated: substantive and qualifier, verb and adverb, article and preposition; then number, kind, duality, variation, time and modes, locative, minorative, augmentative inflections, etc.; all finds expression.

Sensible, finally, to the harmonies of nature, man sees everywhere number, rate, alternation, and period: and he gives rhythm to his language, measures his sentence, seeks consonances, unfurls his thought in feet, verses, and stanzas; then, marrying the word to the song, to the playing of musical instruments, to the convolutions of the dance, he conceives of the drama and the epic. The philosophers of former times called God the eternal geometrician; they could as well have called him the eternal musician.

166. Penetrate the inward constitution of this marvellous word, so marvellous that man once personified it under the names of Minerva and the Muse, then, having become philosophical, made it equal to God himself, incarnated in our nature under the name of Logos or the Word: what do you find there? A series of simple elements:

a, è, é, i, eu, o, ou, u,
an, en,   in,     on, oun, un;
b, p, f, v, m;
d, t,       n;
g, k, l, r;
s, z,
j, ch.