Création de l'ordre dans l'humanité/93

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Création de l'ordre dans l'humanité/93/92 Création de l'ordre dans l'humanité/93/94

[original French]

Série mutilée dans nos langues modernes, mais que l'on retrouve complète et portée à son plus haut point de perfection dans la langue présumée aujourd'hui la plus ancienne, le sanscrit.

167. Je laisse au lecteur le soin de multiplier ces exemples : c'est un point de vue nouveau sous lequel il doit s'habituer à étudier la nature, mais que je ne puis ici développer davantage. Quelques réflexions sur les faits qui précèdent serviront de préliminaires à la théorie, et termineront ce paragraphe.

Dans toutes les sciences constituées et en progrès, l'objet scientifique est sérié, c'est-à-dire différencié, partagé en sections et sous-sections, groupes et sous-groupes, genres et espèces; gradué, échelonné, articulé, tissu, symétrisé, coordonné, comme la tige du palmier, la flûte à sept tuyaux, la lyre à quatre, sept, huit, neuf, dix ou douze cordes, comme les alvéoles de l'abeille, la toile de. l'araignée, les mailles d'un réseau, le dessin d'une toile damassée. Toutes ces innombrables figures différencielles, nous les appellerons du nom générique de série.

Là donc où il y a commencement de sériation, il y a science commençante : nous l'avons vu pour l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie, la physique et la chimie, la zoologie et la botanique, l'industrie et la philologie. Ces sciences sont désormais séparées du domaine religieux et philosophique : ne serait-ce point précisément la sériation de leur objet qui aurait amené cette séparation?

168. La religion, expression du sentiment et de la sensibilité, ne sortant jamais de l'éternel, de l'infini, de la toute-puissance, de la toute-science, de la vie universelle et de l'amour, parlant par symboles et apologues, la religion est anti-sérielle.

La philosophie, ou pansophie, raisonnant sur tout, mais ne s'attachant spécialement à rien, n'analysant pas, cherchant la vérité et le possible dans les causes ; agitant les idées générales, oiais indéterminées, de substance, cause, mouvement, phénomène, nécessité, contingence, quantité, qualité, modification, etc., afin d'en extraire des systèmes d'ontologie et de cosmogonie : la philosophie aussi est anti-sérielle, anti-différencielle, anti-analytique.

169. Pourquoi la théodicée, la morale, la jurisprudence, l'économie politique sont-elles encore matière de religion ou de philosophie? C'est qu'elles ne sont point sériées, ni dans leur objet, ni dans leur méthode. Prendra-t-on pour séries (j'entends séries naturelles, données par l'objet, observables et démontrables) les sept sacrements, les douze articles du symbole, les trois vertus cardinales, le Décalogue, etc.? — Reconnaîtra-t-on pour série législa-

[English translation]

A series that appears in mutilated form in our modern languages, but that one finds complete and carried to its highest point of perfection in what is thought to be the oldest surviving language, Sanskrit.

167. I leave to the reader the care to multiply these examples: it is a new point of view under which it must be accustomed to study the nature, but which I then to develop here more. Some reflexions on the facts which precede will be used as preliminaries with the theory, and will finish this paragraph.

In all of the sciences, both those already constituted and those just emerging, the scientific object is seriated, i.e. differentiated, divided into sections and sub-sections, groups and sub-groups, kinds and species; graduated, spread out, articulated, fabricated, symmetrized, coordinated, like the stem of the palm tree, the flute with seven pipes, the quadrant with four, seven, eight, nine, ten or twelve chords, like the cells of the bee, the cobweb, the meshes of a network, the design of a damask fabric. All these innumerable differential figures we will call by the generic name of series.

Thus, where seriation begins, there science begins: we saw this with arithmetic, then geometry, astronomy, physics and chemistry, zoology and botany, industry and philology. These sciences from now on are separated from the domains of religion and philosophy. Is it not precisely the seriation of their objects that has brought about this separation?

168. Religion, as an expression of sentiment and sensibility, never departing from the eternal, the infinite, the omnipotent, the omniscient, universal life and love, speaking through symbols and apologues, is anti-serial.

Philosophy, or pansophy, reasoning on all, but sticking especially to nothing, analyzing, seeking the true and the possible one in the causes; concerning the general, but unspecified, ideas of substance, causes, movement, phenomenon, need, contingency, quantity, quality, modification, etc, in order to extract some from the systems of ontology and cosmogony: philosophy, too, is anti-serial, anti-differential, anti-analytical.

169. Why are theodicy, morals, jurisprudence, political economy still a matter of religion or philosophy? It is because they are not seriated, neither in their object, nor in their method. Will one take for series (by which I mean natural series, given by the object, observable and demonstrable) the seven sacraments, the twelve articles of the symbol, the three cardinal virtues, the Decalogue, etc? - Will one recognize as a legislative series