Création de l'ordre dans l'humanité/94

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[original French]

tative les soixante-neuf articles de la charte, et la division des codes en titres, livres, chapitres, sections et articles? — Et l'économie politique, si riche de matériaux, si bien assortie d'observations, de calculs et de statistique, qu'est-elle autre chose qu'une confusion, où rien ne se classe, ne se lie, ne se coordonne?

Nous dirons donc : Toute science dont l'objet, n'est encore ni sérié ni circonscrit est une science stérile et fausse, c'est un préjugé religieux ou une hallucination philosophique.

170. Dans les sciences constituées, cela seul est certain dont la classification est faite, la série connue, la loi calculée : cela est obscur et controversé, au contraire, où l'esprit n'a pu saisir ni rapport, ni loi, ni série.

En physique, ce qui touche au magnétisme et à l'électricité ne sort guère des limites d'une simple phénoménalité, sans lois bien connues et sans séries ; la phrénologie, pour être quelque chose, attend encore une classification des facultés et des organes ; le magnétisme animal sort à peine de sa coque nécromantique ; la psychologie, entendue selon la méthode universitaire, est une dérision.

Si la médecine est encore si conjecturale, c'est sans donte parce qu'elle donne beaucoup trop à l'étiologie, et pas assez à la thérapeutique. On ne guérit point par la connaissance des causes, mais par des méthodes curatives appropriées aux maladies. Le remède lui-même n'est pas, à le bien considérer, une cause de guérison opposée à une cause de perturbation et de mort : il est l'occasion provocatrice d'une série de phénomènes hygiéniques opposée à une série de phénomènes morbides. Ce qu'il importe donc de connaître dans le traitement des maladies, sauf quelques affections particulières produites par l'introduction dans l'économie de virus ou miasmes, est beaucoup moins la cause première du mal, souvent insignifiante et presque toujours:insaisissable, que la série des symptômes et phénomènes.

171. La série est la condition suprême de la science, comme de la création elle-même. S'il est ainsi, ce qu'on a nommé d'après Leibnitz loi de continuité est une erreur au moins quant à l'expression. L'idée de continuité est une conception de notre entendement analogue à celles de substance et de cause, c'est-à-rfire sans réalité perceptible, et synonyme d'identité absolue. La continuité est une idée vraie, mais dont la Yérité est antérieure à la différenciation des êtres ; ce qui signifie, pour nous, à leur création. Celle idée est légitime, puisque l'hypothèse qu'elle exprime est produite en vertu des lois de notre entendement, et elle nous est suggérée par l'observation même de la série, qui en est la con-

[English translation]

the sixty-nine articles of the charter, and the division of the codes in titles, books, chapters, sections and articles? - And political economy, so rich in materials, together with such good observations, calculations and statistics, what is it other than a confusion in which nothing is classified, connected, coordinated?

Thus, we shall say: Any science whose object remains neither seriated nor circumscribed is a sterile and false science; it is a religious prejudice or a philosophical hallucination.

170. Among the constituted sciences, the only exact sciences are those in which the classification has been established, the series is known, the law has been calculated: obscure and debatable, on the contrary, are those in which the mind has been able to grasp neither relation, law, nor series.

In physics, that which concerns magnetism and electricity hardly leaves the limits of a simple phenomenality, without well-known laws and series; phrenology, in order to amount to anything, still awaits a classification of faculties and bodies; animal magnetism has hardly left its necromantic shell; psychology, understood according to the university method, is a thing of derision.

If medicine is still so conjectural, it is undoubtedly because it is too much occupied with etiology, and not enough with the therapeutic. One does not cure by the knowledge of causes, but by curative methods appropriate to the disease. The remedy itself is not, properly considered, a cause of healing opposed to a cause of disruption and death: it is the provocative occasion of a series of hygienic phenomena opposed to a series of morbid phenomena. What it is thus important to know, in the treatment of diseases, except for some particular affections produced by the introduction of viruses or miasmas into the body's economy, is much less the first cause of illness, often unimportant and almost always imperceptible, than the series of symptoms and phenomena.

171. The series is the supreme condition of science, as it is that of creation itself. If it is thus, what one has called according to Leibniz the law of continuity is an error at least as far as the expression. The idea of continuity is a concept of our understanding similar to those of substance and cause, i.e. without perceptible reality, and synonymous with absolute identity. Continuity is a true idea, the truth of which, however, is prior to the differentiation of beings; which means, for us, prior to their creation. This idea is legitimate, since the assumption that it expresses is produced under the terms of the laws of our understanding, and it is suggested to us by the very observation of the series, to which it is