Création de l'ordre dans l'humanité/96

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Création de l'ordre dans l'humanité/96/95 Création de l'ordre dans l'humanité/96/97

[original French]

rapport. Dans la traction, les molécules s'entraînent donc tour à tour ; si la dilatation devient trop forte, il y a rupture, ce que l'on ne saurait concevoir avec l'idée de continuité.

Renversons l'expérience : au lieu d'un exemple de traction, prenons un cas d'éjaculation. Le fluide qui s'écoule par l'orifice d'un vase, le gaz qui s'échappe par un tuyau ne forment pas un jet continu, mais un jet sérié. Car, que l'on suppose le jet divisé transversalement en tranches d'une épaisseur égale au diamètre des molécules du liquide; d'après ce qui vient d'être dit de l'état moléculaire des corps, ces tranches ne se touchent pas; elles se pressent les unes les autres par leurs atmosphères et produisent ainsi une tension élastique, qui, combinée avec la hauteur de la colonne fluide, est cause de la raideur et de la rapidité du jet.

La lumière nous vient-elle du soleil par émission? comme le pensent les newtoniens; ou bien est-elle une vibration de l'éther? comme le croyait Descartes. Certains phénomènes s'expliquent par l'émission; d'autres seulement par les ondulations; quelques- uns enfin ne se ramènent ni à l'une ni à l'autre hypothèse. Or, quel que soit le système qui doive un jour prévaloir, ce dont nous pouvons être certains, c'est que la série en sera la base, puisque, d'un côté, l'éjaculation du fluide se fait nécessairement en mode sérié, et que, de l'autre, vibration et série c'est même chose.

Que dirai-je de plus? notre vie elle-même est soumise à la série; et la continuité de la conscience, la permanence du sens intime, l'infatigable veille du moi, ne sont aussi que des illusions. Nous croyons vivre d'une vie indéfectible et non interrompue, au moins dans ce court intervalle qui nous est accordé : pauvres humains ! chaque instant de notre existence ne tient à celui qui le précède que comme les vibrations de la lyre tiennent les unes aux autres : la force vitale qui nous anime est comptée, pesée, mesurée, sériée : si elle était continue, elle serait indivisible, et nous serions immortels.

173. La série n'est point chose substantielle ni causative : elle est ordre, ensemble de rapports ou de lois. Dans les mathématiques, sciences nommées par excellence exactes, toute ontologie disparaît. Le nombre, suivant Newton, est un rapport : et la première chose qui dislingue les mathématiques, est de s'abstenir de spéculations sur la substance et la cause. Les mathématiques sont des calculs de séries : c'est des propriétés de la série qu'elles tirent leur certitude; elles ne sont, enfin, ainsi que nous allons le démontrer, qu'un des membres de la grande famille métaphysique. Or, toute science, née ou à naître, n'étant plus qu'un cal-

[English translation]

in relation. In traction, the molecules are thus involved in turn; if dilation becomes too strong, there is rupture, which one could not conceive with the idea of continuity. Let us reverse the experiment: instead of an example of traction, let us take a case of ejaculation. The fluid which runs out by the opening of a vase, the gas which escapes by a pipe does not form a continuous jet, but a seriated jet. Because, that one supposes the jet divided transversely into parts a thickness equal to the diameter of the molecules of the liquid; according to what comes to be known as molecular state of the bodies, these sections are not touched; they has a presentiment of the ones the others by their atmospheres and thus produce an elastic tension, which, combined with the height of the fluid column, is cause of the stiffness and the speed of the jet.

Does light come to us from the sun by emission, as the Newtonians think, or is it a vibration of the ether, as Descartes believed? Certain phenomena are explained by emissions, others only by undulations; some, finally, are reduced neither to one assumption nor to the other. However, whatever the system that must prevail one day, that of which we can be certain, it is that the series in will be the base, since, on a side, the ejaculation of the fluid is necessarily made in seriated mode, and that, other, vibration and series it is even thing.

What else shall I say? Our life itself is subjected to the series; and the continuity of the consciousness, the permanence of the inward sense, the untiring awareness of the ego, are also only illusions. We believe ourselves to live an indefectible and uninterrupted life, at least in this short interval that is granted to us: poor humans! Each moment of our existence is held to that which precedes it only as the vibrations of the quadrant are due to one another: the vital force that animates us is counted, weighed, measured, seriated: if it were continuous, it would be indivisible, and we would be immortal.

173. The series is not at all a substantial or causative thing: it is order, ensemble of relations or of laws. In mathematics, called the exact science par excellence, all ontology disappears. The number, following Newton, is a relation: and the first thing which distinguishes mathematics, is to abstain from speculations on the substance and the cause. Mathematics is the calculation of series: it is from the properties of the series that it draws its certainty; in the end, as we will demonstrate, it is no more than one of the members of the great family of metaphysics. However, any science, already constituted or yet to emerge, being no more than a calculation