Création de l'ordre dans l'humanité/97

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Création de l'ordre dans l'humanité/97/96 Création de l'ordre dans l'humanité/97/98

[original French]

cul de séries, on peut déjà prévoir que, dans chaque sphère de connaissances, la certitude est égale et homologue à la certitude mathématique.

§ II. — Observations sur la série.

174. Tels sont les faits qui, dans la nature, nous révèlent la présence d'une loi générale, aussi variée dans ses applications que les essences elles-mêmes, ou, pour mieux dire, donnant lieu, par ses innombrables déterminations de la substance et de la cause, à toutes les essences; loi que nous pouvons proclamer et inscrire sur le temple de la Vérité : telle est enfin la Loi Sérielle (1).

175. D'autres avant nous avaient essayé déjà de remonter jusqu'à un fait primordial, qui servît à la fois de critérium et de base à toutes les manifestations de la nature et de la société. Saint-Simon, Azaïs, et après eux Fourier, expliquèrent tout par l'attraction (ou l'expansion, qui n'est autre que l'attraction prise à rebours).

Or, l'attraction, de même que la vie, le mouvement, la force, la causalité, la substance, l'esprit, etc., est une de ces généralisations conventionnelles qui nous servent à désigner le principe ou substralum des phénomènes, c'est-à-dire précisément ce qu'il y a en eux de plus impénétrable : une inconnue, appréciable seulement par la succession et la loi de ses apparences. L'attraction, si elle est quelque chose d'universel, n'est au plus que la force universelle : elle n'est point une loi; elle est si peu une loi, qu'elle est elle-même mesurée par la série.

Ainsi, quand on admettrait que l'attraction est la cause universelle, ou que la cause universelle se manifeste par l'attraction, 0:1 ne serait pas plus avancé que si l'on soutenait que la matière est la substance universelle, ou que la substance universelle se manifeste dans la matière. La substance et la cause, l'attraction et la matière ne nous sont accessibles que par leurs phénomènes : conséquemment, ce qui nouSjimporteleplus à connaître, est la loi qui régit ces phénomènes.


(1) Nommée par Fourier sériaire, contrairement à l'étymologie et l'analogie. La terminaison aire désigne en général une qualité ou fonction dans les personnes : donataire, commanditaire, locataire, propriétaire, prolétaire, adversaire, commissaire, fonctionnaire, légataire, actionnaire, feudataire, contraire, etc. — Sériel, comme constitutionnel, fonctionnel, différentiel, tendantiel, providentiel, matériel, idéel, réel, formel, etc. sans être profond linguiste, il suffit de comparer ces deux séries pour te convaincre de l'irrégularité de la dénomination adoptée par Fourier.

[English translation]

of series, one can already provide that, in each sphere of knowledge, the certainty is equal and homologous with the mathematical certainty.

§ II. — Observations on the series.

174. Such are the facts in nature that reveal to us the presence of a general law, as varied in its applications as the essences themselves, or, to put it better, giving place, by its innumerable determinations of substance and of cause, to all of the essences, a law that we can proclaim and inscribe on the temple of Truth: such, finally, is the Serial Law (1).

175. Others before us had already tried to ascend to a paramount fact, which was used at the same time as criterion and basis for all the manifestations of nature and the company. Saint-Simon, Azaïs, and after them Fourier, explained all by the attraction (or the expansion, which is not other than attraction taken with wrong way).

However, attraction, just like life, movement, force, causality, substance, mind, etc, is one of these conventional generalizations which are used to us to indicate the principle or substratum of phenomena, i.e. precisely what is most impenetrable in them: an unknown factor, appreciable only by the succession and the law of its appearances. Attraction, if it is something rather universal, is not for all that a universal force: it is not a law; it is so little a law that it, too, is measured by the series.

Thus, to admit that attraction is the universal cause, or that the universal cause is manifested by attraction, would be to advance no further than if one held that matter is the universal substance, or that the universal substance is manifested as matter. The substance and the cause, attraction and matter, are accessible for us only through their phenomena: consequently, what is more important for us to know is the law that governs these phenomena.


(1) Named by Fourier sériaire, contrary to the etymology and the analogy. The suffix aire in general indicates a quality or function of persons: donataire, commanditaire, locataire, propriétaire, prolétaire, adversaire, commissaire, fonctionnaire, légataire, actionnaire, feudataire, contraire, etc. — Sériel, as in constitutionnel, fonctionnel, différentiel, tendantiel, providentiel, matériel, idéel, réel, formel, etc. Without being a profound linguist, it is enough to compare these two series to be convinced of the irregularity of the denomination adopted by Fourier.