De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/05

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/05/04 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/05/06

[original French]

PROGRAMME

§ I. — Avènement du peuple à la philosophie.

Au début d'une nouvelle œuvre, nous devons expliquer notre titre et notre dessein.

Depuis que l'humanité est entrée dans la période de civilisation, d'aussi loin qu'elle se souvienne, le peuple, disait Paul Louis Courier, prie et paie.

Il prie pour ses princes, pour ses magistrats, pour ses exploiteurs et ses parasites;

II prie, comme Jésus-Christ, pour ses bourreaux;

II prie pour ceux-là mêmes qui devraient par état prier pour lui.

Puis, il paie ceux pour lesquels il prie;

II paie le gouvernement, la justice, la police, l'église, la noblesse, la couronne, la rente, le propriétaire et le garnisaire, j'ai voulu dire le soldat;

II paie pour toutes ses démarches, pour aller et venir, acheter et vendre, boire, manger, respirer, se chauffer au soleil, naître et mourir;

II paie même pour avoir la permission de travailler;

Et il prie le ciel de lui donner, en bénissant son travail, de quoi payer toujours plus.

Le peuple n'a jamais fait autre chose que prier et payer: nous croyons que le moment est venu de le faire philosopher.

Le peuple ne peut pas vivre dans le scepticisme, à l'exemple de messieurs de l'Institut et des beaux esprits

[English translation]

PROGRAM

§ I. — The advent of the people to philosophy.

At the beginning of a new work, we must explain our title and our aims.

Ever since humanity entered the period of civilization, for as long as anyone remembers, the people, said Paul Louis Courier, have prayed and paid.

They pray for their princes, for their magistrates, for their exploiters and parasites;

They pray, like Jesus Christ, for their executioners;

They pray for the very ones who should by rights pray for them.

Then they pay those for whom they pray;

They pay the government, the courts, the police, the church, the nobility, the crown, the revenue, the proprietor and the bailiff's man — that is, the soldier;

They pay for every move they make: pay to come and to go, to buy and to sell, to eat, drink and breathe, to warm themselves in the sun, to be born and to die;

They even pay for the permission to work;

And they pray that heaven, by blessing their labor, will always give them enough that they can pay more.

The people have never done anything but pray and pay: we believe that the time has come to make them philosophize.

The people cannot live in skepticism, after the example of the gentlemen of the Institute and the beautiful souls