De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/08

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/08/07 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/08/09

[original French]

venu, ce semble, s'il n'avait suivi que le sens commun, aurait trouvée, et que tout le monde, à coup sûr, comprendra.

D'après cela, la philosophie n'est pas la science ; elle est le préliminaire de la science. N'est-il pas rationnel de conclure, comme nous faisions tout à l'heure, que l'enseignement, au lieu de finir par la philosophie, devrait commencer par la philosophie? Ce qu'on appelle philosophie de l'histoire, philosophie des sciences, n'est qu'une manière ambitieuse de désigner la science même, c'est à dire, ce qu'il y a de plus approfondi, de plus généralisé dans nos connaissances, les savants de profession aimant à s'en tenir à la description pure et simple des faits sans en chercher la raison. A mesure que la raison des choses se découvre, elle prend rang dans la science, et le savant succède au philosophe.

Examinons de plus près notre définition.

Le mot chose, un des plus généraux de la langue, doit s'entendre ici, non seulement des objets extérieurs par opposition aux personnes; mais de tout ce qui, dans l'homme lui-même, physique et moral, peut fournir matière à observation : sentiments et idées, vertu et vice, beauté et laideur, joie et souffrance, spéculations, erreurs, svmpathies, antipathies, gloire et decadence, misère et félicité. Toute manifestation du sujet humain, en un mot, tout ce qui se passe dans son âme, dans son entendement, dans sa raison, aussi bien que dans son corps; tout ce qui l'affecte, soit comme individu, soit comme société, ou qui en émane, devenant objet de philosophie, est réputé, par rapport au philosophe, chose.

Par raison l'on entend le comment et le pourquoi des choses, en opposition à leur nature, qui est impénétrable. Ainsi, dans chaque chose, le philosophe notera le commencement, la durée et la fin; la grandeur, la forme, le poids, la composition, la constitution, l'organisme, les propriétés, la puissance, les facultés; l'accroissement, la diminution, les évolutions, séries, proportions, rapports, transformations; les habitudes, variations, maxima, minima et moyennes ; les attractions, appétences, accompagnements, influences, analogies; en un mot tout ce qui peut servir à faire comprendre la phénoménalité des choses

[English translation]

to arrive at it, it seems, if he had but followed common sense, would have found it, and that everyone, undoubtedly, will understand it.

From this perspective, philosophy is not science; it is the preliminary of science. Isn't it rational to conclude, as we did a few moments ago, that teaching, instead of finishing with philosophy, should start with philosophy? What is called the philosophy of history or the philosophy of the sciences is only an ambitious sobriquet for science itself, i.e., its deepest form, the most generalized form of our knowledge, since scientists, by profession, like to stick to the pure and simple description of facts without seeking their reasons. As the reason of things is discovered, it assumes the rank of science, and the scientist succeeds the philosopher.

Let us examine our definition more closely. The word thing, one of most general of the language, must be understood here not only as referring to external objects in opposition to persons, but as all that which, in man himself, physical and moral, can provide matter to observation: feelings and ideas, vice virtue and, beauty and ugliness, joy and suffering, speculations, errors, sympathies, antipathies, glory and decline, misery and happiness. Any manifestation of the human subject, in a word, all that occurs in its soul, its understanding, its reason, as well as in its body; all that affects it, either as an individual, or as a society, or which emanates from it, becoming object of philosophy, the philosopher shall consider to be a thing.

The term reason here shall refer to the how and why of things, in opposition to their nature, which is impenetrable. Thus, in each thing, the philosopher will note its origin, duration, and finality; its size, shape, weight, composition, constitution, organization, properties, power, faculties; its waxing and waning, evolutions, series, proportions, relations, transformations; its habits, variations, maxima, minima, and median; attractions, appetites, corollaries, influences, analogies; in a word, all that can be used to render comprehensible the phenomenality of things