De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/100

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/100/99 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/100/101

[original French]

comprendre, et pour lesquelles nous combattons comme ont combattu nos pères !

En résumé :

Quel est le principe fondamental, organique, régulateur, souverain, des sociétés; principe qui, subordonnant tous les autres, gouverne, protége, réprime, châtie les éléments rebelles, au besoin en exige la suppression? Est-ce la religion, l'idéal, l'intérêt? est-ce l'amour, la force, la nécessité ou l'hygiène? Il y a des systèmes et des écoles pour toutes ces affirmations.

Ce principe, suivant moi, est la Justice.

Qu est-ce que la Justice? — L'essence de l'humanité.

Qu'a-t-elle été depuis le commencement du monde ? — Presque rien.

Que doit-elle être? — Tout.

Je dirai peu de choses de l'exécution de ce livre, simple commentaire, comme l'ont voit, de la declaration des droits de l'homme et du citoyen, espèce de canevas d'une philosophie de la Révolution.

S'il est vrai que la Justice soit innée au cœur de l'homme, il ne s'ensuit pas que ces lois aient été dès l'origine déterminées dans l'esprit humain avec netteté, et pour toutes les catégories d'application : ce n'est que peu à peu que nous en acquérons l'intelligence, et leur formule est le prix d'un long travail.

La définition de la Justice, obtenue par une évolution de six ou huit mille ans, ouvre le second âge de la civilisation; la Révolution en est le prologue.

Or, de même que les sciences physiques ne se peuvent construire à priori sur des notions pures, mais requièrent l'observation des faits ; de même la science de la Justice et des mœurs ne peut sortir d'une déduction dialectique de notions : il faut la dégager de la phénoménalité que ces notions engendrent, comme toute loi physique se dégage de la série des phénomènes qui l'expriment.

Ainsi, je ne dogmatise pas; j'observe, je décris, je compare. Je ne vais point chercher les formules du droit dans les sondages fantastiques d'une psychologie illusoire; je les demande aux manifestations positives de l'humanité.

Cette façon de traiter l'éthique, quand tout le monde la

[English translation]

understanding them, and for which we fight as fought our fathers!

In short:

What is the fundamental, organic, regulating, sovereign principle of societies; the principle which, subordinating all the others, governs, protects, represses and punishes the rebellious elements, when there is a need to suppress them? Is it religion, the ideal, interest? Is it love, force, necessity, or hygiene? There are systems and schools for all these assertions.

This principle, according to me, is Justice.

What is Justice? – The essence of humanity.

What was it since the beginning of the world? – Almost nothing.

What must it be? – Everything.<ref>Cf. Abbé Sieyès: "What is the Third Estate? – Everything. What has it been until now in the political order? – Nothing."</ref>

I will say few things of the execution of this book, simple comment, as one sees, of the declaration of the human rights and the citizen, a kind of groundwork for a philosophy of the Revolution.

If it is true that Justice is innate to the heart of man, it does not follow that these laws were as of the origin given in the human spirit with clarity, and for all the categories of application: it is only little by little that we acquire the intelligence of it, and their formula is the prize of a long labor. The definition of Justice, obtained by an evolution of six or eight thousand years, opens the second age of civilization; the Revolution is the prologue.

Now, just as the physical sciences cannot be constructed a priori on pure concepts, but require the observation of facts, in the same way, the science of justice and manners cannot come from a dialectical deduction of concepts: it should be drawn from the phenomenality that these concepts generate, just as any physical law is drawn from the series of phenomena which express it.

Thus, I do not dogmatize; I observe, I describe, I compare. I will not seek the formulas of right in the fantastic soundings of an illusory psychology: I ask them from the positive demonstrations of humanity.

This way of treating ethics, when everyone

<references/>