De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/104

From The Libertarian Labyrinth
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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/104/103 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/104/105

[original French]

de fantômes dont le bon sens public suffit à faire justice. Paix aux mourants, respect aux morts !

La Révolution était passée à l'état de mythe. Je viens le premier, en présenter l'exégèse.

J'ignore si cette Révolution, qui a commencé glorieusement par la France, se poursuivra par la France. Soixante années de folie rétrograde nous ont tant vieillis, nous sommes si bien expurgés de tout ferment libéral, que le doute sur notre droit à l'hégémonie des nations est permis.

Quoi qu'il advienne cependant de notre race fatiguée, la postérité reconnaîtra que le troisième âge de l'humanite a son point de départ dans la Révolution française ; que l'intelligence de la nouvelle loi a été donnée à quelques-uns de nous dans sa plénitude ; que la pratique ne nous a pas non plus tout à fait manqué ; et que succomber dans cet enfantement sublime, après tout, n était pas sans gloire.

A cette heure, la Révolution se définit : elle vit donc. Le reste ne pense plus. L'être qui vit et qui pense sera-t-il supprimé par le cadavre?

[English translation]

phantoms to which the public’s good sense is enough to make justice. Peace to the dying, respect for the dead!

The Revolution has passed into the status of a myth. I come to present the first exegesis of it.

I am unaware whether this Revolution, which started gloriously with France, continues with France. Sixty years of retrograde madness has made us so old, we are so well expurgated of all liberal ferment, that it is permitted to doubt our right to hegemony among the nations.

No matter what comes, however, for our tired race, posterity will recognize that the third age of humanity has its starting point in the French revolution; that the intelligence of the new law was given to us in plenty; that the practice did not miss us completely either; and that to succumb in this sublime childhood was, after all, not without glory.

At this hour, the Revolution is defined: thus it lived. The remainder no longer thinks. Will the being which lived and thinks be supplanted by the corpse?