De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/107

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[original French]

personne. — C'est impossible, me répondit-il, je suis engagé.

Je ne connaissais nullement M. de Mirecourt. Je n'avais lu aucune de ses publications, comme je n'ai lu encore aujourd'hui que celle qui me regarde. Je comptais qu'après sa démarche courtoise, il m'apporterait lui-mi'me, critique loyal, le premier exemplaire de son opuscule. Sans doute il s'est acquitté envers vous, Monseigneur, qui cultivez sa correspondance, de ce devoir. Jugez de ma surprise à la lecture de cette bouffonnerie confite en dévotion, où ma vie intime est fouillée, et au bout de laquelle s'aperçoit la griffe d'un archevêque !

Voilà donc où en est la société française sous une religion de charité et un régime d'ordre! Voilà les mœurs que les sauveurs de la famille, les protecteurs de la vie privée, les maîtres de la vie spirituelle, travaillent à nous faire! Voilà ce qui amuse le public, ce que souffre la justice, gardienne des personnes aussi bien que des propriétés; ce qu'approuve l'Eglise et qu'elle encourage! Vingt mille exemplaires de cette prétendue biographie ont été vendus. Encouragé par le succès, M. de Mirecourt continue sor martyrologe ; il est aujourd'hui au numéro 80.

Certes, je n'ai garde de donner à l'auteur des Contemporains plus d'importance que ses lecteurs ne lui en accordent. Je ne crois pas même que, dans son for intérieur, il professe aucun principe, qu'il soit d'aucune église. Il ne pense seulement pas. Remarquez pourtant que cet homme, qui dans la préface placée en tête du numéro 32, vante le soin avec lequel il va aux renseignements ; qui d'ailleurs semble défier les représailles, qui les provoque même, se sent appuyé. D a un parti pris, un plan calculé pour tous les cas. Depuis qu'il lui a plu de me ranger dans sa galerie de caricatures, il m'est revenu sur son compte des choses!... Eh! bonnes gens que la diffamation désarçonne, taisez-vous, de grâce. M. de Mirecourt n'est pas seul ici ; et quand il s'est résolu à ce métier, il a parfaitement compté sur vos cris;' il est au dessus de toute avanie. Je ne veux rien savoir de sa vie à lui. Répondre au mal qu'il dit des autres par celui qu'il a pu commettre est une mauvaise façon de raisonner, qui ne touche pas au fond des choses. La question est plus haute : tous les traits que

[English translation]

person. — It is impossible, he answered me, I am busy.

I by no means knew M. de Mirecourt. I had not read any of his publications, as I have until now read only that which concerns myself. I had faith that after his courteous step, as a loyal critic, he would bring itself to me the first specimen of his opuscule. Undoubtedly he discharged this duty toward you, Monsignor, who cultivate his correspondence. Judge my surprise at the reading of this buffoonery confected as devotion, in which my intimate life is excavated, and at the end of which can be seen the claw of an archbishop!

Here, thus, is where French society under a religion of charity and a regime of order! Here are the manners that the saviors of the family, the guardians of private life, the masters of spiritual life, strive to create for us! Here what amuses the public, which suffers justice, guardian of the people as well as of the properties; what approved the Church and that it encourages! Twenty thousand specimens of this alleged biography were sold. Encouraged by success, M. de Mirecourt continues his martyrology; he is at number 80 today.

Admittedly, I should not attribute more importance to the author of the Contemporaries than his readers do. I do not even believe that, in his heart, he professes any principle of any church whatever. He only does not think. Notice, however, that this man, who in the foreword placed heading of number 32, praises the care with which it goes to the information; who besides seems to defy the reprisals, which even causes them, its feels supported. It has a party taken, a plan calculated for all the cases. Since he wished to put me in his gallery of caricatures, he reconsidered to to me his account of things! … Ah! good people astonished by slander, silence, I pray you. M. de Mirecourt is not alone here; and when he resorted to this trade, he counted perfectly on your cries; it is at the top of every affront. I want to know nothing of his life. To answer the evil that he says of others by that which could be said of him is a bad way of reasoning, which does not strike at the root of things. The question is a higher one: all the blows