De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/110

From The Libertarian Labyrinth
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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/110/109 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/110/111

[original French]

de latrie qui, entretenant la superstition, détruit'en eux la Justice et éternise l'immoralité.

Le dix-huitième siècle n'a été qu'une escarmouche. Sa critique, libertine et superficielle, ne pouvait obtenir une victoire qui exigeait, avec la plus haute raison, la morale la plus pure. Comment Voltaire, avec tout son esprit, eût-il écrasé l'Infâme, quand il lui donnait pour sauf-conduit la Pucelle?...—Comment la Révolution, avec toute sa vigueur, eût-elle fondé la liberté, quand elle s'inclinait devant la théologie? Philosophe avec Bailly, Condorcet, Clootz, Marat, Volney, la Révolution en la personne de Robespierre se donne à Dieu, et le lendemain se retrouve possédée. Dès qu'elle s'appuie sur la foi, la vertu révolutionnaire aboutit à la corruption de Thermidor.

Le socialisme lui-même, qui d'abord s'annonçait comme étant la Raison à la fois spéculative et pratique de l'Humanité et qui à ce titre se posait en antichrist; le socialisme, demeuré théologique en ses dogmes, évangélique en ses discours, pontifical en ses églises, parlant à une société défaillante de volupté, d'essor passionnel, d'amour libre, d'émancipation de la femme et de réhabilitation de la chair, quand il fallait lui administrer le cordial énergique de la Justice, le socialisme a failli à sa mission et s'est contredit lui-même : son œuvre est à recommencer.

Plus d'équivoque, à cette heure; plus de ces transactions qui déshonorent tous les partis. On attaque la Révolution dans ses idées et dans ses mœurs; on la flétrit dans ses générations : la question est posée entre la Justice selon la Foi, et la Justice selon la liberté. Il s'agit de savoir si l'homme, prenant enfin possession de lui-même, peut, par le seul effort de sa conscience, s'avancer dans la vertu ; ou s'il est condamné par l'infirmité de sa nature à demeurer éternellement impur, capable seulement de Justice, alors qu'il est visité par la langue de feu de l'Esprit-Saint.

Pour moi, toujours ménager de la dignité des autres alors même que la mienne est attachée au pilori ; respectant dans la religion la conscience naïve du peuple, dans le prêtre le ministre de cette conscience, je ne viens point, à cette heure solennelle, afficher une impiété hors de saison, conspuer des symboles vénérés, souffleter les oints, du Très-Haut. Celui-là peut fermer mon livre, qui y cher-

[English translation]

of devotion which, maintaining the superstition, destroys in them Justice and perpetuates immorality.

The eighteenth century was but a skirmish. Its criticism, libertine and superficial, couldn't obtain a victory which required, along with the highest reason, the purest morality. How could Voltaire, with all his spirit, crush the Infamous, when he gave to him, as a safe-conduct, the Virgin ?... - How could the Revolution, with all its vigor, lay the foundation for liberty while it genuflected before theology? Of a philosophical spirit with Bailly, Condorcet, Clootz, Marat, Volney, the Revolution, in the person of Robespierre, devotes itself to God and the next day finds itself possessed. As soon as it leans on faith, revolutionary virtue leads to the corruption of Thermidor.

Socialism itself, which first appeared as both the speculative and the practical Reason of Humanity, and which, as such, posed as an antichrist; socialism, having remained theological in its dogmas, evangelical in its speeches, pontifical in its churches, speaks to a failing society of voluptuousness, of the surging passions, of free love, of women's emancipation and the rehabilitation of the flesh, when it had to administer the cordial remedy of Justice. Socialism has failed and contradicted itself: it must begin its work anew.

No more ambiguity, at this hour; no more of these dealings which dishonor all parties. The Revolution is attacked in its ideas and its customs; it is blackened in its generations: the question is asked between Justice according to Faith, and Justice according to liberty. It's about knowing whether Man, taking finally possession of himself, can, by the unaided effort of his conscience, advance into virtue; or if, by the infirmity of his nature, he is condemned to remain eternally impure, capable of Justice only when he is visited by the Holy-Spirit's tongue of fire.

As for me, always careful of the dignity of others even as mine is pilloried, respecting in religion the naive conscience of the people, in the priest the minister of this conscience, I come not, at this solemn hour, to display an untimely impiety, to speak out against venerated symbols, to take a swipe at those anointed by the Most High. He can close my book, who seeks