De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/112

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[original French]

ce mot est la même que celle de modus, mode, manière, façon; modius, mesure, muid ou boisseau; moderare, modérer , tempérer, gouverner par la mesure ; modestia, qualité de l'âme qui consiste à garder en tout la mesure et les convenances. Vir modestus est l'homme de bonnes manières, mesuré dans ses paroles et ses sentiments.

Au même thème se rapportent meta, borne ; metrum, mètre; mensura, mesure, etc.

Le grec έθος ou ηθος, dont nous avons fait éthique, ramené au radical εω, aller, venir, présente un sens analogue. Il signifie allure, tenue, marche, venue. Le latin, plus abstrait, décèle le génie juridique du peuple-roi ; le grec fait image, et convient mieux à la poésie.

Les Grecs se servaient aussi, pour dire les mœurs, du mot τρόποι, tournures, c'est-à-dire modes, formes, manières, usages. Suivant Dion, l'empereur Auguste, qui lardait sa conversation de phrases grecques, prit le titre de έπιμελητής τροπών, ce que Suétone traduit ainsi : Recipit morum, legumque regimen, il prit la direction des mœurs et des lois.

D'après l'étymologie, les mœurs seraient les façons, allures et tournures des êtres vivants, tant individus qu'espèces, dans leurs pensées, leur langage, leurs relations, leurs amours, en un mot dans tous les actes de leur vie.

J'entends donc par mœurs, les conditions formelles de la vie, dans tous ses états et rapports. De même que l'être I ne peut se concevoir sans attributs, l'âme sans facultés, la substance sans modes, la science sans méthode; ainsi la vie, manifestée dans l'individu ou dans le groupe, ne se conçoit pas non plus sans conditions; et tout être vivant, qu'il soit homme ou bête, par cela seul qu'il vit, a nécessairement des mœurs.

2. Les modes du sujet, individuel ou collectif, dépendant à la fois de sa constitution intime et du milieu où il est appélé à vivre, il en résulte que chez des sujets de même espèce, les mœurs peuvent être, en quelque chose, différentes. Ainsi il y aies mœurs des peuples du Nord et les mœurs des peuples du Midi, les mœurs monarchiques et les mœurs républicaines, les mœurs ouvrières et les mœurs bourgeoises, les mœurs du paysan et celles du soldat, les mœurs oratoires et les mœurs ecclésiastiques.

[English translation]

this word is the same one as that of modus, mode, manner, way; modius, measurement, the muid or bushel; moderare, to moderate, moderate, control by measurement; modestia, the quality of the heart that consists in observing proportion and propriety in all things. Vir modestus is the man of good manners, measured in his words and feelings.

To the same theme refer words such as meta, the limit; metrum, meter; mensura, measurement; and so on.

The Greek έθος or ηθος, from which we have formed ethics, refers to the radical εω, to go, to come, presents a similar meaning. It means bearing, behavior, carriage, manner of execution. The Latin, more abstract, reveals the legal genius of the people-king; the Greek paints a picture and agrees better with poetry.

The Greeks also used, in speaking of manners, the word τρόποι, turnings, i.e. modes, forms, manners, uses. According to Dion, the emperor Augustus, who larded his conversation with Greek phrases, took the title of έπιμελητής τροπών, which Suetonius translates as follows: Recipit morum, legumque regimen, he was guided by manners and laws.

According to their etymology, manners would be the ways, behaviors, and comportments of living beings, as well individuals as species, in their thoughts, their language, their relations, their loves, in a word in all the acts of their life. I thus understand by the term manners the formal conditions of life, in all of its states and relations. Just as being cannot be conceived without attributes, the soul without faculties, substance without modes, science without method, so life, expressed in the individual or the group, is not conceived without conditions either; and any living being, man or beast, by virtue of what gives it life, necessarily has manners.

2. The modes of the individual or collective subject, depending simultaneously on its inward constitution and the environment in which it has to live, it follows that in subjects of the same species, the manners can differ in some respects. Thus there are the manners of Northern people and the manners of Southern people, monarchical manners and republican manners, working-class manners and bourgeois manners, peasant manners and those of the soldier, oratorical manners and ecclesiastical manners.