De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/113

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[original French]

Mais, quelle que soit la variété des mœurs, il existe chez ious les êtres moraux un trait dominant, par lequel se manifeste ce qu'on nomme le caractère, et qui consiste en ce que le sujet, s'honorant lui-même et avant tout autre, affirme, avec plus ou moins d'énergie, son inviolabilité parmi ses pairs, son accord avec lui-même $ et sa suprématie sur tout le reste. C'est ce que nous appelerons, si vous voulez, la dignité. Sans dignité, point de mœurs.

3. La dignité a pour maxime ou règle de conduite la félicité. En sorte que ces trois termes, félicité, mœurs, dignité, sont adéquats, solidaires, et ne peuvent logiquement se trouver en opposition.

De là, l'idée du bien si du mal moral, synonyme de celle de bonheur et de peine.

C'est en effet un résultat de la fermeté des mœurs ou de leur subversion, de la considération du prochain ou de sa mésestime, que le sujet en éprouve soit du contentement soit du malaise, de telle sorte que, selon l'état de sa conscience, selon que sa dignité est satisfaite ou compromise, il est heureux ou misérable. Ces rapports sont lies l'un à l'autre comme l'effet à la cause, comme le mode à la substance. Plaisir ou peine, telle est la conséquence inévitable de l'intégrité ou de la dépravation morale.

Ce qui revient à dire que la dignité du sujet constitue pour lui une loi positive, ayant pour sanction le bonheur, s'il y obéit; la souffrance, s'il la viole.

4. Tous les êtres, individus ou sociétés, tendent par la spontanéité de leur vie à faire prévaloir leur dignite dans toutes les circonstances où elle se trouve engagee, et con- séquemment à maintenir l'intégrité de leurs mœurs : il implique contradiction qu'un sujet lutte contre ses modee essentiels, et soit foncièrement méchant. Méchant contre soi-même! c'est absurde. Sans doute les accidents et les complications de l'existence peuvent suspendre, retarder, rendre plus difficile la production des justes mœurs : c'est une conséquence de la variabilité du milieu où noue vivons, ainsi que de notre organisation elle-même. Il est même possible que, chez certaines âmes, comme en certains corps, la dissolution devienne irréparable. Mais toujours, le sujet, si dépravé qu'on le suppose, luttera contre son indignité qui est son infortune : l'immoralité, même sans

[English translation]

Whatever the variety of manners, however, there exists in all moral beings a dominant trait, by which appears what one calls the character, and which consists in that the subject, honoring itself and before all others, affirms, with more or less energy, its inviolability among its peers, its agreement with itself, and its supremacy over all the rest. It is what we will call, if you like, dignity. Without dignity, no manners.

3. Dignity has, as a maxim or code of conduct, happiness. So that these three terms, happiness, manners, and dignity, are mutally adequate and interdependent, and they cannot logically be in opposition to one another.

From thence comes the idea of moral good and evil, synonymous with that of happiness and sorrow.

It is indeed a result of the firmness of manners or of their subversion, consideration of next or its low esteem, that the subject tests some either of the satisfaction or at faintness, so that, depending on the state of its conscience, according to whether its dignity satisfied or is compromised, it is happy or miserable. These relations are dregs one with the other as the effect with the cause, like the mode with the substance. Pleasure or sorrow, such is the inevitable consequence of the integrity or the moral depravity.

What comes down to saying that the dignity of the subject constitutes for him a positive law, having for sanction happiness, if it obeys there; the suffering, if it violates it.

4. All beings, whether individuals or entire societies, tend, by the spontaneity of their life, to make their dignity prevail in all the circumstances in which they are engaged, and consequently, to maintain the integrity of their manners: for a subject to struggle against its essential attributes would imply a contradiction and is fundamentally malicious. Malicious against oneself! it is absurd. Undoubtedly, the accidents and complications of the existence can suspend, delay, make more difficult the production of just manners: it is a consequence of the variability of the environment in which we live, as well as our organization itself. It is even possible that, in certain souls, as in certain bodies, dissolution becomes irrevocable. Nonetheless, the subject, however depraved we suppose it to be, will always struggle against its indignity, which is his misfortune: immorality, even without