De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/116

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[original French]

8. Rien ne se compose que de parties : — principe de série ou de synthèse.

Toutes ces notions et propositions découlent logique- ment de la conception de la vie et de ses modes. Elles sont de tous les systèmes et ne sauraient être contredites : nous allons voir où commencent les difficultés.


CHAPITRE II
Comment l'idée d'un principe d'équilibre nous est donnée par l'opposition des intérêts. — Hypothèses diverses. — Premier aperçu d'un état juridique.

IV. — Dans le sujet considéré isolément, l'étude des mœurs, quelques variations que celles-ci subissent sous les influences du dehors, ne paraît pas souffrir de difficulté sérieuse. L'homme se subordonnant la nature, n'étant serviteur que de lui-même, sa dignité primant toute existence, sa félicité étant sa seule loi, la contradiction ne surgit d'aucune part.

Il n'en est pas de même du sujet considéré dans ses rapports avec ses pareils et vivant en société ; et l'on se demande tout d'aoord si une science des mœurs, dans une collectivité formée d'êtres intelligents et libres, est possible. La variété des mœurs est infinie, parmi les nations. Mais y a-t-il, peut-il y avoir une constante sociale? Ici commence une série de problèmes qui font le désespoir des philosophes et le triomphe des théologiens.

On a vu plus haut que dans le sujet, quel qu'il soit, individu ou groupe, considéré en lui-même, et abstraction faite de tous rapports avec des individus ou des groupes de même espèce, la règle des mœurs est le plus grand bien, ce qu'on nomme la maxime de félicité. Or, il peut arriver, et 1 expérience prouve qu'il arrive tous les jours, que les intérêts, tant individuels que collectifs, malgré la sympathie qui rapproche les êtres de même espèce, soient en opposition diamétrale. Comment concilier ces intérêts divergents, si, pour tout le monde, la maxime des mœurs reste la même, la félicité? Comment satisfaire en même temps

[English translation]

8. Nothing can be composed except from parts: – principle of series or synthesis.

All these concepts and propositions arise logically from the conception of life and its modes. They belong to all the systems and could not be contradicted: we shall see where the difficulties begin.


CHAPTER II
How the idea of a principle of equilibrium is given to us by the opposition of interests. — Various hypotheses. — First glimpse of a juridical state.

IV. — In the subject considered in isolation, the study of mores, whetaver variations these may undergo under external influences, does not appear to suffer from serious difficulty. Man subordinating nature, being a servant only to himself, his dignity preceding any existence, his happiness being his only law, contradiction appears nowhere.

It is not the same subject considered in his relationship with its kind and living in society; and one wonders first of all if a science of manners, in a community comprised of intelligent and free beings, is possible. The variety of manners among the nations is infinite. But is there, can there be a social constant? Here a series of problems starts which make the despair of the philosophers and the triumph of the theologists.

One has seen above that in the subject, whatever it may be, individual or group, considered in itself, and abstracted from any relationship with individuals or groups of the same species, the rule of manners is the greatest good, which one calls the maxim of felicity. However, it can come about, and the experiment proves that it comes about all the time, that interests, individual as well as collective, in spite of the sympathy which brings beings of the same species together, are diametrically opposed to one another. How to reconcile these divergent interests, if, for everyone, the maxim of manners remains the same, felicity? How to simultaneously satisfy