De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/120

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/120/119 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/120/121

[original French]

coûte aux antipathies,auxjalousies,auxrivalités,àl'oppo- sition des idées et des intérêts : voilà le premier principe.

Le second est une application du premier.

La tendance de l'homme à l'appropriation est, comme la dignité dont elle émane, absolue et sans limite. On convient de faire droit à cette tendance, chez tous les sujets, mais sous certaines conditions qui servent à constater la propriété de chacun et à la distinguer de celle d'autrui. Ainsi la propriété est légitime, à ce titre inviolable et garantie par la puissance publique, si elle est déterminée dans son objet; si l'occupation est effective; si elle a été acquise par usucapion, travail, achat, succession, prescription, etc. Ces conditions sont d'ailleurs sujettes à révision ; elles peuvent, à mesure de la multiplicité et de la complication des intérêts, s'augmenter de nouveaux articles : telles qu'elles existent, elles doivent être observées religieusement.

Respect des propriétés et des intérêts, égal et réciproque, dans les conditions posées par la loi et quoi qu'il en coûte à l'envie, à l'avarice, à la paresse, à l'incapacité : tel est le second principe.

En deux mots, reconnaissance mutuelle de la dignité et des intérêts, tels qu'ils sont déterminés et conditionnés par le pacte social : voilà, par premier aperçu, ce que c'est que le système juridique, la Justice. Respect pour respect, garantie pour garantie, service pour service, sous condition d'égalité : c'est tout le système. Faisons-en ressortir les avantages.

VIII. — 1° En ce qui concerne l'homme :

Nous avons vu le communisme partir de l'idée que l'homme est un être foncièrement insociable et méchant, homo homini lupus; qu'il n'a aucun droit à exercer, aucun devoir à remplir envers son semblable; que la société seule fait tout en lui, qu'elle seule lui donne la dignité, et fait de lui un être moral. Ce n'est pas moins que la déchéance humaine posée en principe : ce qui répugne à la notion de l'être et implique contradiction. (Déf. 1 et 2.)

Dans le système de la liberté pure, la dignité du sujet, qu'on croyait sauvegarder par une exagération en sens contraire, n'est pas moins sacrifiée. Ici l'homme n'a plus

[English translation]

cost to antipathies, jealousies, competitions, the opposition of ideas and interests: here is the first principle.

The second is an application of the first.

The tendency of the man to the appropriation is, as the dignity of which it emanates, ahsolue and unbounded. One agrees to grant this tendency, at all the subjects, but under certain conditions which are used to note the property of each one and to distinguish it from that of others. Thus the property legitimate, inviolable and is for this reason guaranteed by the public power, if it is given in its object; if the occupation is effective; if it were acquired by usucapion^ work, purchase, succession, regulation, etc These conditions are prone to revision besides; they can, with measurement of the multiplicity and the complication of the interests, to increase new articles: such that they exist, they must be observed religieusement.

Respect of the properties and the interests, equal and reciprocal, under the conditions posed by the law and no matter what it costs some emulously, with avarice, the idleness, the incapacity: such is the second principle.

In two words, mutual recognition of dignity and interests, such as they are determined and conditioned by the social pact: here, at a first glance, is what it is that the legal system, Justice. Respect for respect, guarantee for guarantee, service for service, under condition of equality: that is the entire system. Let us emphasize the advantages.

VIII. — 1st, with regard to man:

We saw communism starting from the idea that the man is a fundamentally unsociable and malicious being, homo homini lupus; that it is entitled any to exert, no duty to be filled towards its similar; that society alone does all in him, that it alone gives him dignity and makes a moral being of him. It is nothing less than human degradation posited as a principle: what rejects the concept of being and implies contradiction. (Déf. 1 and 2.)

In the system of pure freedom, the dignity of the subject, which one believed to safeguard by an exaggeration in the opposite direction, is no less sacrificed. Here, man no longer has