De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/121

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[original French]

ni vertu, ni justice, ni moralité, ni sociabilité, l'intérêt seul faisant tout en lui : ce qui répugne à la conscience, qui ne consent pas à ce qu'on la réduise au pur égoïsme.

L'idée juridique paraît donc, sous ce premier point de vue, satisfaire aux plus nobles aspirations de notre nature : elle nous proclame dignes, sociables, moraux; .capables d'amour, de sacrifice, de vertu; ne connaissant la haine que par l'amour même, l'avarice que parle dévoûment, la felonie que par l'héroïsme ; et elle attend de notre conscience seule ce que les autres imposent à notre soumission ou sollicitent de notre intérêt.

2° En ce qui touche la société, nous relèverons des différence analogues :

Dans le communisme, la société, l'Etat, extérieur et supérieur a l'individu, jouit seul de l'initiative; hors de lui, point de libre action ; tout s'absorbe en une autorité anonyme, autocratique, indiscutable, dont la providence gracieuse ou vengeresse distribue d'en haut, sur les têtes prosternées, les châtiments et les récompenses. Ce n'est pas une cité, une société; c'est un troupeau présidé par un hiérarque, à qui seul, de par la loi, appartiennent la raison, la liberté et la dignite d'homme.

Dans le système de la liberté pure, s'il était possible d'en admettre un seul instant la réalisation, il y aurait encore moins de société que dans le communisme. Comme, d'un côté, on ne reconnaît pas d'existence collective ; que d'aut»e part on prétend n'avoir pas besoin, pour maintenir la paix, de concessions réciproques, que tout se réduit à un calcul d'intérêt, l'action politique ou sociale devient superflue : il n'y a réellement pas de société. C'est une agglomération d'individualités juxtaposées, marchant parallèlement, mais sans rien d'organique, sans force de collectivité; où la cité n'a rien à faire, où l'association, réduite à une vérification de comptes, est, je ne dis pas nulle, mais, pour ainsi dire, illicite.

Pour qu'il y ait société entre des créatures raisonnables, il faut qu'il y ait engrenage des libertés, transaction volontaire, engagement réciproque : ce qui ne peut se faire qu'à l'aide d'un autre principe, le principe mutuelliste du droit. La Justice est commutative de sa nature et dans sa forme : aussi, loin que la société puisse être conçue comme

[English translation]

either virtue, nor justice, nor morality, nor sociability, interest alone taking the place of all these in him, which is revolting to the conscience, which does not grant so that one reduces it to pure egoism.

The juridical idea thus appears, from this first point of view, to satisfy the noblest aspirations of our nature: it proclaims us worthy, sociable, moral; capable of love, sacrifice, virtue; knowing hatred only by the love itself, avarice only by devotion, felony only by heroism; and it expects from our conscience only what others impose on our submission or solicit from our interest.

2° In what concerns society, we will find an analogous difference:

In communism, only society, the State, external and superior to the individual, enjoys initiative; outside of it, there is no free action; all is absorbed in an anonymous, autocratic, indisputable authority, whose gracious or vengeful providence is dispensed from on high upon prostrate heads, punishments and rewards. It is not a city, a society; it is a herd presided over by a hierarch, to whom alone, by law, belong the reason, the freedom and the dignity of man.

In the system of pure freedom, if it were possible to admit its realization for even one moment, there would be even less society than in communism. As, on one side, one does not recognize a collective existence; as in addition one claims not to have need, in order to maintain peace, of reciprocal concessions, as all is reduced to a calculation of interests, so that political or social action becomes superfluous: there is really no society. It is an agglomeration of juxtaposed individualities, marching in parallel, but without anything organic, without any force of collectivity; where the city does not have anything to make, where the association, reduced to an auditing of accounts, is, I do not say null, but, so to speak, illicit.

So that there is society between reasonable creatures, there must be a meshing together of freedoms, voluntary transaction, reciprocal engagement: what can be done only using another principle, the mutualist principle of right. Justice is commutative in its nature and its form: also, far from society being conceivable as