De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/131

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[original French]

tout le monde possède ce fatal secret et se conduit en conséquence. Il n'y a point de Justice, vous disent ces pauvres enfants. L'état naturel de l'homme est iniquité, mais l'iniquité limitée, restreinte, comme la guerre qui en est l'image, par des armistices, des trêves, des échanges de prisonniers, des paix provisoires, que la ruse et la nécessité forment, et que rompent le ressentiment et la vengeance. Un publiciste, M. de Gïrardin, avec sa netteté habituelle, a mis en relief cette situation. — "Je nie la morale, écrivait-il dans une brochure publiée quelque temps après le coup d'Etat; je nie la Justice, le droit, la pudeur, la bonne foi, la vertu. Tout est crime, naturellement crime, nécessairement crime; et je propose contre le crime, — devinez quoi, Monseigneur; une religion? Oh! non, M. de Girar- din est de son siècle, très peu mystique, et point du tout théologien; —un système d'assurances... „

XIV. — Résumons ces trois premiers chapitres, et, de ce qu'il nous est permis d'affirmer avec certitude que tout être a des mœurs, concluons ce qu'elles doivent être dans la société humaine, à peine de mort pour l'individu et pour l'espèce.

D'après nos définitions, tout sujet a nécessairement des mœurs, comme il a des facultés et des passions. (Déf. 1re.)

Ces mœurs forment l'essence du sujet; elles constituent sa dignité, elles sont le gage et la loi de son bien-être. (Déf. 2,3 et 4.)

Les mœurs sont donc tout à la fois dans le sujet réalité et idée : réalité, puisqu'elles ne sont autre chose que le sujet même considéré dans les conditions de son existence et dans l'exercice de ses facultés (ax. 3) ; idée ou rapport, puisqu'elles résultent de la communion du sujet avec la nature et les autres êtres. (Déf. 1 et 2.)

Par les mêmes motifs, les mœurs expliquent le sujet (ax. 6) : elles rendent raison de son organisme, de ses facultés, de ses passions, de ses vertus et de ses vices, de ses joies et de ses tristesses, de ses corruptions et de ses amendements ; elles donnent le premier et le dernier mot dé l'être. Qui ne connaîtrait pas les mœurs de l'homme, eût-il d'ailleurs la plus parfaite connaissance de son organisme, ne saurait rien de l'homme.

[English translation]

everyone has this fatal secrecy and acts consequently. There is Justice, tell you these poor children. The natural state of the man is iniquity, but limited iniquity, restricted, as the war which is the image, by armistices, truces, exchanges of prisoners, provisional peaces, which the trick and the need form, and which the resentment and revenge break.

A publicist, M. de Girardin, with his usual clearness, highlighted this situation. – “I deny morals,” he wrote in a booklet published some time after the coup d'etat; “I deny Justice, right, decency, good faith, virtue. All is crime, naturally crime, necessarily crime; and I propose against crime,” – guess what, Monsignor; a religion? Oh no! M. de Girardin is of his century, far from mystical, and not theological at all; “– a system of insurances…”

XIV. – Let us summarize these first three chapters, and, from what it is allowed to us to affirm with certainty that all to be has manners, let us conclude what they must be in the human society, hardly of died for the individual and the species.

According to our definitions, any subject necessarily has manners, as it has faculties and passions. (Def. 1.)

These manners form the essence of the subject; they constitute its dignity, they are the pledge and the law of its wellbeing. (Defs. 2,3 and 4.)

Manners are thus all at the same time in the subject reality. and idea: reality, since they are other thing only the subject even considered under the conditions of its existence and the exercise of its faculties (ax. 3); idea or relation, since they result from the communion of the subject with nature and the other beings. (Déf. 1 and 2.)

By the same reasons, manners explain the subject (ax. 6): they return reason of its organization, its faculties, its passions, its virtues and its defects, its joys and its sadnesses, its corruptions and its amendments; they give the first and the last word die to be it. Besides who does not know manners of the man, had it the most perfect knowledge of his organization, would not know anything of man.