De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/135

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[original French]

ternes et le plus ancien en date, celui qui raDie encore la masse des populations du globe, bien qu'il perde chaque jour du terrain chez les nations civilisées, est le système de la transcendance, vulgairement de la Révélation. Toutes les religions et quasi-religions ont pour objet de l'inculquer; le Christianisme en est, depuis Constantin, le principal organe. Aux théologiens ou théodicéens il faut joindre la multitude des réformateurs qui, tout en se séparant de l'Eglise et du théisme lui-même, restent fidèles au principe de subordination externe, mettant à la place de Dieu la Société, l'Humanité, ou toute autre Souveraineté, plus ou moins visible et respectable.

Suivant la doctrine généralement suivie, dont les théories dissidentes ne sont du reste que des mutilations, le principe moral, formateur de la conscience, puissance plastique qui lui donne la vertu et la dignité, est d'origine supérieure à l'homme, sur qui il agit comme une influence d'en haut, gratuite et mystérieuse.

La Justice, d'après cette genèse, est donc surnaturelle et surhumaine; elle a pour sujet véritable Dieu, qui la communique et l'insuffle à l'âme faite à son image, c'est à dire de même substance que lui, capable par conséquent de recevoir les modes de son divin auteur.

De quelle manière, suivant les transcendantalistes, a lieu cette communication, c'est une question sur laquelle ils se divisent, comme il arrive pour toutes les choses qui dépassent l'expérience. Suivant que l'écrivain s'attache plus ou moins étroitement à l'idée mystique prise pour point de départ, ou qu'il se laisse aller aux suggestions de l'empirisme, sa doctrine peut varier du catholicisme au panthéisme, du catéchisme du concile de Trente à l'Ethique de Spinoza.

Mais comme en pareille matière un système doit être étudié dans l'intégralité dé son développement historique non dans des fragmentations arbitraires, et comme nous aurons occasion de nous convaincre que les restrictions proposées par les modérés du transcendantalisme sont de manifestes inconséquences, effet de la pudeur philosophique, je m'attacherai surtout au système catholique, le jilus complet de tous et le plus logique.

Il suffit donc de savoir, d'après la théologie orthodoxe :

[English translation]

that which still wins over the mass of the populations of the globe, although it loses ground every day among civilized nations, is the system of TRANSCENDENCE, vulgarly, of Revelation. All the religions and quasi-religions have the aim of inculcating it; since Constantine, Christianity is its principal organ. For the theologians or theodicists, it is necessary to join the multitude of the reformers who, while separating themselves from the Church and from theism itself, remain faithful to the principle of external subordination, putting in place of God Society, Humanity, or any other Sovereignty, more or less visible and respectable.

According to the generally followed doctrines, the dissenting theories of which are at any rate only botched versions of the original, the moral principle that forms the conscience, the formative power [puissance plastique] that gives it virtue and dignity, is of origin higher than that of man, on whom it acts like an influence from on high, gratuitous and mysterious.

Justice, according to this genesis, is thus supernatural and superhuman; it has as its true subject God, who communicates it and inspires it with the soul made in his own image, i.e. from the same substance as himself, consequently able to receive the attributes of its divine author.

How, according to the transcendentalists, this communication can take place is a question on which they are divided, as it arrives for all the things which exceed the experiment. According to whether the writer sticks more or less closely to the mystical idea that serves as the point of departure or drifts into empiricist propositions, his doctrines can vary Catholicism with pantheism, the catechism of the Council of Trent with Spinoza’s Ethics.

But since, in such matters, a system must be studied in the integrity of its historical development, not in arbitrary fragments, and since we shall have occasion to be convinced that the restrictions suggested by the moderates of transcendentalism are manifestly abortive, in the name of philosophical decency, I will confine myself to the catholic system, the most complete and logical of them.

It is thus enough to know, according to orthodox theology: