De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/15

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[original French]

réagit sur elles et en fait sortir les idées; en sorte que, pour moitié sinon pour le tout, le dégagement des idées, ou la découverte de la vérité dans les choses, appartient à l'esprit.

Il y avait donc, se disait-on, dans l'âme comme des moules d'idées, des idées archétypes, antérieures à toute observation des phénomènes : quelles étaient ces idées? Pouvait-on les reconnaître, parmi la multitude de celles, plus ou moins empiriques, que l'entendement frappait de son estampillé? Comment distinguer le patrimoine de l'esprit de ses acquisitions? Si quelque chose, dans le savoir, lui appartenait en propre, pourquoi pas tout? N'était-on pas en droit de supposer que si l'esprit, possédant les principes innés des choses, ne marchait dans la science qu'à l'aide d'une observation pénible, c'était l'effet de l'union hétéroclite de l'âme et du corps, union dans laquelle la substance éthérée, offusquée par la matière, avait perdu la plus grande partie de sa science et de sa pénétration, ne gardant souvenir que des principes fondamentaux qui formaient son armature et sa propriété?... D'autres attribuaient l'obscurcissement de l'intelligence au péché originel. L'homme, pour avoir voulu goûter, contre l'ordre exprès1 de Dieu, le fruit de la science, se serait, selon eux, aveuglé. Tous du reste de se persuader qu'avec une bonne discipline mentale etlei secours de l'Esprit de lumière, on pouvait restituer l'âme humaine dans la jouissance de ses hautes et immortelles prérogatives, lui faire produire la science sans aucune imbibition de l'expérience, par la seule énergie de sa nature, et en vertu de l'axiome déjà cité : Je suis fille de Dieu, je pense, donc je sais,..

Qu'y avait-il au fond de tout cela? Une pensée diabolique de domination : car il ne faut pas s'y tromper, le privilége de savoir et l'orgueil du génie sont les plus implacables ennemis de l'égalité. Maintenant une chose est avérée : la science humaine ne s'est pas enrichie du plus petit lambeau de fait pu d'idée par ce procédé exclusivement pneumatique. Rien n'y a servi : ni métaphysique, ni dialectique, ni théorie de l'absolu, ni révélation, ni possession, ni extase, ni magnétisme, ni magie, ni théurgie, ni catalepsie, ni veutriloquie, ni pierre philosophale, ni tables tournantes. Tout ce que nous savons, nous l'avons

[English translation]

it reacts to them and derives ideas from them; so that, for half if not for all, the passage of ideas, or the discovery of the truth in things, pertains to the mind.

Thus it was said that in the soul, like the molds of ideas, are to be found archetypal ideas, prior to all observation of phenomena: what were these ideas? Can we recognize them, among the multitude of those, more or less empirical, that the understanding imprints with its own stamp? How to distinguish the patrimony of the mind from its acquisitions? If something properly belongs to it, with respect to knowledge, then why not everything? Wouldn't we be right to suppose that if the mind, possessing the innate principles of things, advanced in science only with the aid of arduous observation, this was due to the heterogeneous union of the soul and the body, a union in which the ethereal substance, offended by matter, had lost the greatest part of its knowledge and insight, retaining only a memory of the fundamental principles that comprised its structure and contents?... Others attributed the darkening of the intelligence to original sin. According to them, man was blinded for having wished to eat the fruit of science against God's express orders. All the rest convince themselves that with good mental discipline and the aid of the Spirit of Light, one could restore the human soul to the enjoyment of its high and immortal prerogatives, make it produce science without any imbibing of experience, through the energy of his nature alone, and by virtue of the axiom already cited: I am a child of God, I think, therefore I know...

What lay at the bottom of all this? A diabolical thought of domination: for one must not be mistaken, privilege of knowledge and pride of genius are the most implacable enemies of equality. Now one thing is known: human science is not enriched by the slightest scrap of a fact or idea by this exclusively pneumatic practice. Nothing has served: neither metaphysics nor dialectics, nor the theory of the absolute, nor revelation, nor possession, nor ecstasy, nor magnetism, nor magic, nor theurgy, nor catalepsy, nor ventriloquism, nor the philosopher's stone, nor table-turning. All that we know, we have