De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/17

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[original French]

§ V. — Que la métaphysique est du. ressort de l'instruction primaire.

La définition de la philosophie implique dans ses termes : 1° quelqu'un qui cherche, observe, analyse, synthétise, découvre, et qu'on nomme le Sujet ou Moi; 2° quelque chose qui est observé, analysé, dont on cherche la raison, et qui s'appelle Y Objet ou Non-moi.

Le premier, l'observateur, sujet, moi, ou esprit, est actif; le second, la chose observée, objet, non-moi, ou phénomène, est passif. Ne nous effrayons pas des mots : cela veut dire que l'un est l'artisan de l'idée, et que l'autre en fournit la matière. Point de statue sans statuaire, cela est bien simple, n'est-il pas vrai? Mais point de statue non plus sans marbre : cela est tout aussi évident. Or, il en est ainsi des idées. Supprimez l'un ou l'autre de ces deux principes, le sujet et l'objet, plus d'idée qui se forme, plus de savoir possible. La philosophie s'évanouit. Supprimez le statuaire ou le bloc de marbre, vous n'aurez point de statue. Toute production artistique ou industrielle en est là. Otez l'ouvrier, vous resterez éternellement avec votre matière première; ôtez à l'ouvrier ses matériaux, et dites- lui de produire quoi que ce soit par sa pensée seule, il croira que vous vous moquez de lui.

Toutefois, dans ce concours, ou cette opposition, du sujet et de l'objet, de l'esprit et des choses, on demande à savoir d'une manière plus précise quel est le rôle de chacun ; en quoi consiste l'action de l'esprit, de quelle espèce sont les matériaux qu'il met en œuvre.

L'esprit oule moi est, du moins il se comporte, partant il s'affirme comme nature simple et indivisible, consé- quemment comme ce qu'il y a de plus pénétrant et de plus impénétrable, de plus actif et de moins corruptible, de plus prompt et de moins sujet à changement. Les choses, au contraire, apparaissent étendues et composées, par conséquent divisibles, successives, variables, pénutra- bles, sujettes à dissolution, susceptibles de plus et de moins dans toutes leurs qualités et propriétés.

Comment l'esprit, mis en rapport avec les objets extérieurs par l'intermédiaire des sens, aperçoit une nature si

[English translation]

§ V. — That metaphysics is within the province of primary instruction.

The definition of philosophy implies by its terms: 1) someone who seeks, observes, analyses, synthesizes and discovers, which we call the Subject or Moi; 2) something which is observed, analysed, the reason of which we seek, and which we call the Object ou Non-moi.

The first - the observer, subject, moi, or mind - is active; the second - the thing observed, object, non-moi, or phenomenon - is passive. Let us not frighten ourselves with words: this means that the one is the artisan of the idea, and that the other furnishes their material. There is no statue without the sculptor: this is very simple, is it not? But neither is there a statue without the marble: this is also clear. Now, it is thus for ideas. Suppress one or the other of these two principles, the subject or the object, and no idea will be formed; thought will no longer be possible. Philosophy vanishes. Suppress the sculptor or the block of marble, and you will have no statue. Every artistic or industrial production is like this. Remove the worker, you will remain eternally with your raw materials; remove the materials from the works, and if your ask him to produce anything by his thought alone, he will think that you are mocking him.

However, in this competition, or this opposition, of the subject and object, of the mind and things, we want to know in a more precise manner what is the role of each; in what consists the action of the mind, and what are the natures of the materials he puts to work.

The mind or the moi is, or at least it acts as if it is, prone to affirm itself as a simple and indivisible nature, consequently as if it is more penetrating and impenetrable, more active and less corruptible, more prompt and less subject to change. Things, on the contrary, appear extended and composite, consequently divisible, successive, variable, penetrable, subject to dissolution, susceptible to a greater or lesser degree in all their qualities and properties.

How the mind, put in relation with external objects by the intermediary of the senses, perceives a nature so