De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/20

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/20/19 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/20/21

[original French]

s'impliquent mutuellement, puisque toutes se rapportent invariablement, non aux choses, mais à l'essence de l'esprit qui est un et incorruptible

La formation des catégories ou idées, conçues par l'esprit en dehors de l'expérience mais à l'occasion de l'expérience, leur collection et classement, forment ce qu'on appelle la métaphysique. Elle est tout entière dans la grammaire, et son enseignement appartient aux maîtres d'école.

De la manière dont se forment les catégories, et de leur emploi dans le langage et dans les sciences, il résulte que, comme signes analytiques ou synthétiques, elles sont la condition sine quâ non de la parole et du savoir, qu'elles forment l'instrumentation de l'intelligence, mais que, seules, elles sont stériles, et conséquemment que la métaphysique, excluant, par nature et destination, tout positivisme, ne peut jamais devenir une science.

Toute science est essentiellement métaphysique, puisque toute science généralise et distingue. Tout homme qui sait, si peu qu'il sache, tout homme qui parle, pourvu qu'il se comprenne, est métaphysicien; de même que tout homme qui cherche la raison des choses est philosophe. La métaphysique est la première chose que pensent les enfants et les sauvages: on peut même dire que dans l'esprit de tout homme, la métaphysique est en proportion inverse de la science.

Par quel fanatisme de l'abstraction un homme peut-il donc se dire exclusivement métaphysicien, et comment, dans un siècle savant et positif, existe-t-il encore des professeurs de philosophie pure, des gens qui enseignent à la jeunesse à philosopher en dehors de toute science, de tout art, de toute littérature et de toute industrie, des gens, en un mot, faisant métier, le plus consciencieusement du monde, de vendre l'absolu?

Celui qui aura une fois compris la théorie de la formation des idées, et qui se sera bien rendu compte de ces trois points capitaux : 1° l'intervention de deux agents, le sujet et l'objet, dans la formation de la connaissance; 2° la différence de leurs rôles, résultant de la différence de leurs natures; 3° la distinction des idées en deux espèces, idées sensibles, données immédiatement par les objets, et idées

[English translation]

imply each other mutually, since all are invariably related, not to things, but to the essence of mind, which is single and incorruptible.....

The formation of the categories or ideas, conceived by the mind apart from experience but on the occasion of experience, their collection and classification, forms what we call metaphysics. It is entirely in grammar, and its teaching belongs to the schoolmasters.

From the manner in which the categories form, and from their usage in language and in the sciences, it results that, as analytic or synthetic signs, they are the condition sine qua non of speech and of knowledge, that they form the instrumentation of intelligence, but that by themselves they are sterile, and consequently that metaphysics, excluding, by its nature and destination, all positivism, can never become a science.

All science is essentially metaphysical, since every science generalizes and distinguishes. Every man who knows, however little he knows, every man who speaks, provided that he understands, is a metaphysician; just as every man who seeks the reason of things is a philosopher. Metaphysics is the first thing that infants and savages think: we could even say that in the mind of every man, metaphysics is present in inverse proportion to science.

Thus, by what fanaticism of abstraction can a man call himself exclusively a metaphysician, and how, in a knowledgeable and positive century, do professors of pure philosophy still exist, these people who teach the young to philosophize apart from all science, all art, all literature and all industry, people, in a word, making a trade, the most consciensciously in the world, of selling the absolute?

Those who should once understand the theory of the formation of ideas, and who will carefully take into account these three capital points: 1) the intervention of two agents, the subject and the object, in the formation of knowledge; 2) the difference in their roles, resulting from the difference in their natures; 3) the distinction of ideas into two species, sensible ideas given immediately by objects, and