De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/28

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[original French]

organisée au complet, elle saura ce qu'elle veut, où elle tend, quelles sont ses garanties, quelle est sa mission dans l'humanité et en présence de l'univers. Il ne lui restera plus qu'à marcher en avant, et en toute confiance.

Revenons un peu sur nos pas.

De la définition que nous avons donnée de la philosophie et de l'analyse que nous avons faite de l'observation il est résulté pour nous, 1° que l'idée nous vient originairement, concurremment et ex œquo, de deux sources, l'une subjective, qui est le Moi, sujet ou esprit, l'autre objective, qui désigne les objets, le non-moi ou les choses ; — 2° qu'en conséquence de cette double origine la philosophie porte sur des rapports, ce que nous savions déjà par la définition, et sur rien autre; — 3° enfin, que tout rapport, analysé dans ses éléments, est, comme l'observation qui le fournit, essentiellement dualiste, ce qu'indique aussi l'étymologie du mot rapport ou relation, retour d'un point à un autre, d'un fait, d'une idée, d'un groupe, etc., à un autre.

Il ressort de là que l'instrument de critique que nous cherchons est de toute nécessité dualiste ou binaire : il ne saurait être triadique, puisqu'il y aurait au dessous de lui des éléments plus simples que lui, des idées qu'il n'expliquerait point, et que d'ailleurs il est aisé de se convaincre par l'analyse que toute triade, trinité ou ternaire n'est que l'abrégé de deux dyades, obtenu par l'identification ou la confusion de deux de' leurs termes *.


  • La trinité des alexandrins n'était qu'une conception superstitieuse ; celle des chrétiens est un mystère. Les faits ternaires, empruntés à la nature, sont de pur empirisme, auxquels s'opposent, en bien plus grand nombre, des faits binaires, quaternaires, été, La division fameuse de la nature en trois règnes est incomplète : au dessus du règne animal, dans lequel se manifestent la sensibilité, la vie, les affections, l'instinct, et jusqu'à un certain point l'intelligence, il, faut ajouter le règne spirituel, dont l'humanité seule est le sujet, et qui se distingue par des manifestations inconnues au règne précédent, la parole, la religion, la justice, la logique, la métaphysique, la poésie et l'art, l'industrie, la science, l'échange, la guerre, la politique, le progrès. La formule hégélienne n'est une triade que par le bon plaisir ou l'erreur du maître, qui compte trois termes là où il n'en existe véritablement que deux, et qui n'a pas vu que l'antinomie ne se résout point, mais qu'elle indique une oscil

[English translation]

completely organized, it will know what it wants, where it tends, what its guarantees are, what its mission is in humanity and in the presence of the universe.

Let us backtrack a little.

From the definition of philosophy that we have given and the analysis that we have made from observation, it results for us, 1) that the idea comes to us originally, concurrently and ex aequo, from two sources, one subjective, which is the Self, subject or mind, the other objective, which designates objects, the non-self or things;--2) that as a consequence of that double origin philosophy bears on relations, already by the definition, and on nothing else;--3) finally, that every relation, analyzed into its elements, is, like the observation which furnishes it, essentially dualistic, which is also indicated by the etymology of the word rapport or relation, returns from one point to another, from one fact, one idea, one group, etc., to another.

It springs from this that the instrument of critique that we seek is from all necessity dualistic or binary: it would not know how to be triadic, since there would be below it simpler elements than it, ideas that it could not explain, and that moreover it is easy to convince oneself that every triad, trinity or ternary is only the abridgment of two dyads, obtained by the identification or confusion of two of their terms. <ref>The trinity of the Alexandrians was only a superstitious idea; that of the Christians is a mystery. The ternary facts, borrowed from nature, are from pure empiricism, to which is opposed, in much greater numbers, binary facts, quaternary, etc. The famous division of nature into three kingdoms is incomplete: above the animal kingdom, in which are manifested sensibility, life, the affections, instinct, and to a certain degree intelligence, we must add the spiritual kingdom, of which humanity alone is the subject, and which is distinguished by manifestations unknown in the preceding kingdom, speech, religion, justice, logic, metaphysics, poetry and art, industry, science, exchange, war, politics and progress. The Hegelian formula is only a triad by the good pleasure or the error of the master, who counts three terms where there truly exists only two, and who has not seen that the antinomy does not resolve itself, but that it indicates an oscillation or antagonism susceptible only to equilibrium. By this point of view alone, the system of Hegel would be entirely remade. It is the same for the syllogism, in which there is also two propositions, which are equated by the relation of like terms, rather as in arithmetic proportions.

Every man is mortal, and Pierre is a man; thus, etc.

It is useless to express the conclusion here; it is enough to correctly write the premises. To take the triad fir a formula of logic, a law of nature and reason, especially for the archetype of judgment and the organic principle of society, is to deny analysis, to deliver philosophy to mysticism, and democracy to imbecility. It appears there, besides, by the fruits. The only thing that one can attribute to trinitarian influence is the ancient division of society by castes, clergy, nobility, roture, an antihuman division, against which the Revolution was made.</ref>

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