De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/40

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/40/39 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/40/41

[original French]

Résumons ce paragraphe.

Puisque la philosophie est essentiellement dualiste, que dans son langage et ses raisonnements les idées des choses sensibles appellent incessamment les idées métaphysiques et vice versa; et puisque d'autre part, dans les objets de son étude, se trouvent comprises, souvent mêlées et confondues, les choses de la nature et de l'humanité, de la spéculation, de la morale et de l'art, il s'ensuit que le principe critique de la philosophie, dualiste et synthétique dans sa iorme, empirique et idéaliste par sa double origine, doit pouvoir s'appliquer, avec une égale convenance, à toutes les catégories du savoir.

Or, l'idée de Justice est la seule qui réunisse ces conditions : c'est donc la Justice que nous prendrons pour criterium universel et absolu de certitude. La proposition de Descartes, Je pense, donc je suis, n'est pas certaine parce qu'elle est évidente, ce qui ne signifie rien; elle est évidente parce que ses deux termes sont adéquats, c'est à dire égaux devant la justice de l'entendement, confirmée par l'arrêt de la conscience ; et toute proposition évidente se trouve dans le même cas.

Ce n'est pas tout. Avec le criterium de certitude, il faut à la philosophie un principe en vertu duquel elle coordonne ses matériaux, et qui, dans la construction sans fin de la connaissance, ne lui permette plus de s'égarer.

L'idée de Justice répond encore à ce vœu. En effet, la Justice, ou mieux la raison, la droite raison, comme on disait autrefois, étant tout à la fois primordiale et com- préhensive au suprême degré, est à elle-même sou principe, sa mesure et sa fin, en sorte que pour le philosophe, le principe critique et le principe organique ou téléologique est le môme. D'où il résulte que le dernier mot de la philosophie, son but constant, est de réaliser, par la synthèse des connaissances, l'accord entre l'homme et la nature, soit, comme disait Fourier, l'Harmonie universelle. Il n'y a rien au delà.

[English translation]

Let us summarize this paragraph. Since philosophy is essentially dualistic, since in its language and its reasoning the ideas of sensible things incessantly call upon metaphysical ideas and vice versa; and since, in addition, among the objects of its study are included, often mixed and confused, things of nature and humanity, of speculation, of morals and art, it follows that the critical principle of philosophy, dualist and synthetic in its form, empirical and idealist by virtue of its double origin, must be capable of being applied, with equal suitability, to all the categories of knowledge.

However, the idea of Justice is the only one which meets these conditions: it is thus the Justice which we will take for universal and absolute critérium of certainty. The proposal of Descartes, I think, therefore I am, is not certain because it is obvious, which does not mean anything; it is obvious because its two terms are adequate, i.e. equal before the justice of the understanding, confirmed by the judgment of the conscience; and every obvious proposition is found in the same case.

It is not all. With the criterion of certainty, one needs for philosophy a principle in virtue of which it coordinates its materials, and which, in construction without end of knowledge, does not enable him any more to be mislaid.

Once again, the idea of Justice answers this wish. Indeed, Justice, or better the reason, the line reason, as it was formerly said, being all at the same time paramount and understanding with the supreme degree, is with itself its principle, its measurement and its end, so that for the philosopher, the critical principle and the organic or teleological principle is the same one. From where it results that the last word of philosophy, its constant goal, is to realize, by the synthesis of knowledge, the agreement between man and nature, that is to say, as Fourier called it, universal Harmony. There is nothing beyond that.