De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/56

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[original French]

de circulaires, de professions de foi, de brochures, etc., que le gouvernement impérial ne cesse de produire. Que n'y ajoute-t-on les comptes rendus des sociétés anonymes et leurs annonces?... Oh! si les paroles étaient une garantie des principes, il y aurait peu de gouvernements aussi bien fondés en principe que l'empire des huit dernières années. Mais il s'agit des faits, des actes, par lesquels un gouvernement révèle son essence et manifeste sa pensée : à cet égard, et sans que je veuille aucunement faire remonter ma critique aux personnes, j'ose dire que le gouvernement de Napoléon III, pour son malheur et pour le nôtre, n'a pas de principes, ou, s'il a des principes, qu'il ne les a pas encore révélés. Les témoignages abondent sous ma main : depuis le 2 Décembre, je les enregistre jour par jour. Citons le dernier, qui est en même temps le plus grave.

Le juste-milieu, fondé par le premier Consul, et qui eut son apogée sous Louis-Philippe, avait compris que l'existence du catholicisme est indissolublement liée à celle de la papauté, et que la papauté elle-même, depuis l'abrogation du pacte de Charlemagne, n'a de prestige que celui qu'elle tire de sa souveraineté temporelle. Sous les Césars, et plus tard sous les Ostrogoths, les Lombards, les Francs, les Allemands, le Pape pouvait se passer du titre et du pouvoir de prince : la religion faisait de lui le vicaire de Dieu sur terre. Charlemagne consacra ce vicariat, non pas en séparant les deux puissances de la manière qu'on l'entend aujourd'hui, mais en les opposant et les liant l'une à l'autre dans un système qui embrassait le monde. Quant aux donations de territoire qui accompagnèrent cette constitution impériale et papale, ce ne furent d'abord, comme les trois couronnes qui ornent la tiare, qu'un joyau, un insigne, une sorte de glorification du pontificat. Ce n'est pas ce qui fit la puissance des Grégoire VII, des Urbain II, des Innocent III, des Boniface VIII. — Après que la papauté, souffletée par Philippe le Bel, eut été transportée à Avignon, l'État ayant sur tous les points fait scission avec l'église et rompu l'ancien pacte, la papauté se soutint encore, et le catholicisme resta debout, grâce à la souveraineté temporelle" que se formèrent les papes, partie avec les terres de ladonation, partie par leurs armes.

[English translation]

circulars, professions of faith, brochures, etc, that the imperial government never stops producing. Why doesn't one add to it the reports of the limited-liability societies and their advertisements? . . . Oh! if words were a guarantee of principles, there would be few governments so well-founded in theory as the empire of the past eight years. But it is by facts, by acts, that a government reveals its essence and proclaims its thought: in this respect, and without at all wishing to reduce my criticisms to a critique of persons, I dare state that the government of Napoleon III, to his misfortune and to ours, has no principles, or, if it has principles, that it has not yet revealed them. Testimonies abound under my hand: since December 2nd, I have recorded them each day. Let us cite the latest, which is at the same time the most serious.

The middle course founded by the first Consul, which had its apogee under Louis-Philippe, recognized that the existence of Catholicism is indissolubly related to that of the papacy, and that papacy itself, after the abrogation of the pact of Charlemagne, has only the prestige that that it draws from its temporal sovereignty. Under the Caesars, and later under the Ostrogoths, the Lombards, the Franks, the Germans, the Pope could do without the title and power of prince: the religion made him the vicar of God on earth. Charlemagne consecrated this vicariate, not by separating the two powers in the manner that this is understood today, but by opposing them and binding them one to the other in a system which embraced the world. As for the gifts of land that accompanied this imperial and papal constitution, it was initially, like the three crowns that ornament the tiara, that a jewel, nothing but a badge, a kind of glorification of the pontificate. It is not what made the power of Gregory VII, of Urban II, of Innocent III, of Boniface VIII. – After the papacy, inflated by Philip the Fair, had been transported to Avignon, the State having broken with the church on all points and dissolved the old pact, the papacy was still supported, and Catholicism remained upright, thanks to the temporal sovereignty that the popes had gained, together with the land donation, by force of arms.