De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/59

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[original French]

chéance du saint-père, qu'il intercepte les mandements des évêques, qu'il menace les jésuites et crible d'avertissements les journaux catholiques, il ôte la parole à la démocratie, et fait condamner par ses tribunaux les philosophes, inculpés d'outrage à la morale publique et religieuse.

Donc, ni chrétienne, ni révolutionnaire, ni justes-milieu, en un mot, rien : voilà la France, telle, je ne dis pas que l'a faite, mais que l'a révélée jusqu'à ce moment le gouvernement du 2 Décembre.

Le vulgaire n'avait pas aperçu d'abord ce caractère de la politique impériale, de n'avoir pas de principes et d'aller à l'aveugle. Suivant la coutume de l'esprit français de tout rapporter au maître, on disait de Napoléon III : Voyez comme il est heureux ! Tout lui réussit. Les uns louaient son esprit de conciliation : il disait de lui-même qu'il était la fin des vieux partis. L'Eglise saluait en lui un nouveau Constantin, tandis que la plèbe le préconisait, comme elle avait fait son oncle, le héraut de la Révolution. Maintenant tout se découvre : le gouvernement impérial est un gouvernement sans principes, et l'empereur n'en peut mais ; quant à ses prétendus succès, encore un peu de temps, et, les choses restant ce qu'elles sont, on n'y verra que des calamités.

Non, vous dis-je, point de principes, point de véritables succès : soutenir le contraire, ce serait accorder à un homme une puissance que les philosophes refusent à Dieu, celle de faire quelque chose de rien.

A quoi a servi l'expédition de Crimée ? On s'était vanté de relever l'empire ottoman : la paix faite, on l'abandonne comme un cadavre. — On voulait arrêter les empiétements de la Russie : la Russie vient de conquérir le Caucase, non moins important, l'avenir le fera voir, que Constantinople. La Russie possède l'Arménie ; ses colons s'étendent sur la côte méridionale de la mer Noire jusqu'en face du palais des sultans. Et la France n'a pas même un pied-à-terre dans l'Asie Mineure. — Est-ce l'alliance anglaise, ou l'équilibre européen, qui a bénéficié de la prise de Sébas- topol? Les morts de Malakoff n'étaient pas enterrés, que Napoléon III, dégoûté des Anglais, signait la paix avec le tsar, et méditait une alliance bien autrement menaçante pour les libertés du monde que le protectorat de la Russie

[English translation]

forfeiture of the Holy Father, than it intercepts the mandements bishops, than it threatens the Jesuits and sifts warnings the catholic newspapers, it removes the word with the democracy, and makes condemn by its courts the philosophers, accused of insult to public and religious morals.

Therefore, neither Christian woman, neither revolutionist, nor juste-milieu, in a word, nothing: here is France, such, I do not say that made, but that until this moment the government of December 2 revealed.

The vulgar had not seen this character of the imperial policy initially, not to have not principles and to walk blindly. According to the habit of the French spirit all to pay to the master, one said of Napoleon III: See how happy he is! Everything succeeds to him. The ones rented its spirit of conciliation: it said itself which it was the end of the old parties. The Church greeted in him a new Constantin, while the plebs recommended it, as it had made her uncle, the herald of the Revolution. Maintaining all is discovered: the imperial government is a government without principles, and the emperor cannot about it but; as for its alleged successes, still a little time, and, the things remaining what they are, one will see only calamities there.

No, I tell you, no principles, no true successes: to support the opposite, it would be to grant to a man a power that the philosophers refuse with God, that to do something of nothing.

Of what use was the expedition to the Crimea? We prided ourselves on raising the Ottoman Empire: the peace having been made, we abandoned it like a corpse. – We wanted to halt Russian encroachment: Russia has just conquered the Caucasus, no less important, as the future will show, than Constantinople. Russia has Armenia; its colonists extend over the southernmost coast from the Black Sea to the front door of the sultans’ palace. And France does not have even a pied-à-terre in Asia Minor. – Is it the English alliance, or the European equilibrium, that profited from the capture of Sebastopol? The Malakoff’s dead were not buried before Napoleon III, disgusted with the English, signed a peace with the tsar, and contemplated an alliance rather otherwise threatening for the freedoms of the world than the protectorate of Russia