De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/65

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[original French]

mode, il y aurait les enchères de Didius Julianus. C'est pourquoi nous le déclarons, la main sur la conscience : entre nous et Napoléon III il n'y a ni envie ni haine; il ne nous a ni trompés ni supplantés ; nous n'ayons été en rien ses fauteurs, nous n'aspirons pas à devenir ses continuateurs. Il est le représentant officiel, non pas même la personnification, d'une ère de malheur : voilà tout. A part les actes de Strasbourg, de Boulogne et du 2 Décembre, sa complicité ne va pas au delà. Nous nous permettrons toutefois de lui rappeler, sans menace aucune, le mot de l'Evangile : Vis autem homini illi fer qmm scandalum venit. Ce qui signifie, en langage militaire : Sentinelle, prenez garde à vous !

§ XIII. — Conclusion.

La papauté brisée, le catholicisme est à bas : il n'y a plus de religion dans le monde civilisé.

Les églises protestantes, sorte de moyens termes entre la pensée religieuse et la pensée philosophique, qui subsistaient de leur opposition à l'Eglise romaine, périssent à leur tour, obligees qu'elles vont être, ou de se rallier définitivement à la philosophie, et par conséquent de consommer leur abjuration, ou d'essayer une rénovation de l'unité, et par conséquent de se contredire.

L'éclectisme lui-même n'a plus de raison d'être ; de quoi se composerait-il encore? Bon gré mal gré il faut qu'il se fonde dans l'antithèse révolutionnaire, a peine de se résoudre en pur scepticisme. N'est-ce pas déjà vers cette dernière et triste alternative que les esprits inclinent, en France et par toute l'Europe? Avant le 2 Décembre, les gouvernements, par une sorte de pacte tacite suivaient une politique de juste-milieu; ils tendaient à s'équilibrer, et se suivaient dans l'application du système constitutionnel. Maintenant, tout développement politique et social est suspendu ; la raison d'Etat, qui se rapprochait peu à peu de la raison du droit, flotte au hasard, livrée à toutes les suggestions de la peur, de la méfiance et de l'ancien antagonisme. Les rapports internationaux sont troublés ; il n'y a plus de principes ; le désespoir des esprits les pousse à la guerre.

L'Angleterre, qui la première, en haine de la démocra

[English translation]

there would be the biddings of Didius Julianus. This is why we declare, hand on our heart: between us and Napoleon III there is neither envy nor hatred; he neither misled us nor supplanted us; we have upheld him in nothing, we do not aspire to becoming his successors. He is the official representative, not even the personification, of an era of misfortune: that is all. Apart from the the acts of Strasbourg, Boulogne and December 2, his complicity does not extend. We will allow ourselves however to recall to him, without any threat, the word of the Gospel: Voe autem homini illi per quem scandalum venit. Which means, in military language: Sentinel, guard yourself!

§ XIII. — CONCLUSION

The papacy having been broken, Catholicism is brought low: there is no more religion in the civilized world.

The Protestant churches, a sort of middle term between religious thought and philosophical thought, that remained in opposition to the Roman Church, perish in their turn, obliged as they will be either to decisively adopt philosophy, and consequently to consummate their abjuration, or to undergo a restoration of unity, and consequently to contradict themselves.

Eclecticism itself no longer has any raison d'être; of what could it remain composed? Willy-nilly, it must join the revolutionary antithesis, unless it is to dissolve into pure skepticism. Isn't it already towards the latter sad alternative that minds are inclining in France and in all of Europe? Before December 2, the governments, by a kind of tacit pact, pursued a moderate course in politics; they tended to balance themselves, and followed one another in the application of the constitutional system. Now, all political and social development is suspended; raison d'État, which had been in the process of reconciling itself with the rationality of law, floats randomly, free from any suggestion of fear, mistrust, and ancient antagonism. International relations are disturbed; there are no more principles; the despair of minds pushes them toward war.

Has England, which first, out of hatred of democracy,