De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/66

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[original French]

tie, applaudit au 2 Décembre, a-t-elle des principes? La question est devenue presque risible. L'Angleterre, depuis quelques années, étonne le monde par son mépris de toute loi divine et humaine... Je me trompe : oui, l'Angleterre a un principe, c'est de détruire, les unes- par les autres, les puissances du continent.

La Russie a-t-elle des principes? — Si la Russie avait des principes, si par exemple elle croyait à l'inviolabilité des nations, ou bien elle rétablirait la Pologne, ou elle ne permettrait pas cette soi-disant émancipation des Italiens. Si la Russie avait des principes, elle comprendrait qu'il n'y a pas de transition entre l'immoralité du servage et la reconnaissance des droits de l'homme et du citoyen ; elle ferait sa nuit du 4 août; au lieu de marchander la liberté de ses paysans, elle les affranchirait d'emblée, révolutionnairement.

L'Autriche a-t-elle des principes? Comment alors est- elle perpétuellement en contradiction avec ses peuples, suspecte à ses voisins, infidèle à ses alliés, ingrate envers ses bienfaiteurs, odieuse à tous?

L'Allemagne a-t-elle des principes? Espérons-le. L'Allemagne est la terre classique de la philosophie, comme la France est la terre classique de la Révolution. Or, Révolution et philosophie sont une seule et même chose, a dit un Allemand. Mais, depuis le 2 Décembre , ce rapport est brisé : l'Allemagne, qui craint un nouveau Tugendbund peut-être plus qu'un nouveau Napoléon, rêve de centralisation, ce qui pourrait bien signifier, un jour, de dénationalisation. L'Allemagne centralisée, il y aura en Europe cinq empires : quatre militaires, l'empire français, l'empire autrichien, l'empire allemand, l'empire russe; et un mercantile, l'empire britanique. Ces cinq empires, quand ils ne se battront pas, formeront une sainte-alliance par laquelle ils se garantiront réciproquement l'obéissance de leurs sujets et l'exploitation de leur plèbe: Mais alors il n'y aura plus de nation en Europe, rien n'étant plus destructif des nationalités que les mœurs militaires et malthusiennes.

L'Italie a-t-elle des principes? L'Italie est-elle impériale, pontificale, royale ou fédérale? Elle-même n'en sait rien. Pauvre Italie ! A la place de la Révolution, nous lui avons porté la révolte ; elle nous renvoie la tempête.

[English translation]

applauded December 2, any principles? The question has become almost laughable. For some years, England has astonished the world by its contempt for divine and human law... I am mistaken: yes, England has one principle, to destroy, one by the others, the powers of the continent.

Does Russia have principles? — If Russia had principles, if for example it believed in the inviolability of nations, then either it would restore Poland, or else it would not permit this so-called emancipation of the Italians. If Russia had principles, it would understand that there is no transition between the immorality of servitude and the recognition of the rights of man and citizen; it would be its night of August 4; instead of haggling over the liberty of its peasants, it would free them straightaway, in a revolutionary manner.

Does Austria have principles? How then is it perpetually at odds with its peoples, suspect to its neighbors, unfaithful to its allies, ungrateful to its benefactors, odious to all?

Does Germany have principles? Let us hope so. Germany is the classic land of philosophy, as France is the classic land of the Revolution. Now, a German has said that Revolution and philosophy are one and the same thing. But, since December 2, that connection has been broken: Germany, which fears a new Tugendbund perhaps more than a new Napoleon, dreams of centralization, which could well mean, one day, denationalization. With Germany centralized, there would be five empires in Europe: four military empires, the French, Austrian, German and Russian; and one mercantile, the British. These five empires, when the did not battle one another, would form a holy alliance by which they would reciprocally guarantee the obedience of their subjects and the exploitation of their plebs. But then there would be no more nations in Europe, nothing being more destructive of nationalities than military and malthusian mores.

Does Italy have principles? Is Italy imperial, pontifical, royal or federal? It does not know itself. Poor Italy! In place of the Revolution, we have brought it revolt; it has hurled back at us the tempest.