De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/67

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[original French]

II n'y a plus de principes: l'Europe est descendue dans le chaos du 2 Décembre, et nous marchons à travers le vide, per inania régna. Ce qu'il y a de triste, c'est qu'on le sait, on le dit partout, et on l'accepte. On en prend son parti comme d'une chose naturelle, comme d'une phase inévitable. "La France est déchue; les temps du Bas- Empire sont venus pour elle:" ces propos courent les cafés de Paris. Comme on disait en 93, La France est révolutionnaire; en 1814, La France est libérale; en 1830, La France est conservatrice; en 1848, La France est républicaine. Encore un peu, et l'on diraavec la même insouciance: La France est pourrie; et l'on constatera sa mort moralem.

Que Napoléon III fasse maintenant ce qu'il voudra: la papauté touchée, rien ne la saurait rappeler à la vie. La foi des peuples ne la soutient plus. L'arrêt est sans appel: ni restrictions, ni amendements n'y feront rien. Le pape peut absoudre l'empereur, l'empereur, confessé, réconcilié, ne sauvera par le pape. Et comme il n'y a pas de nation en Europe dont on ne puisse constater, pièces en main, la décadence intellectuelle et morale, la chute de la papauté devient le signal de la débâcle.

Or, le temps des races initiatrices est passé. Le mouvement ne renaîtra en Europe ni de l'orient, ni de l'occident, ni du centre; la régénération ne peut être aujourd'hui ni grecque, ni latine, ni germanique. Elle ne peut venir, comme il y a dix-huit siècles, que d'une propagande cosmopolité, soutenue par tous les hommes qui, après avoir renoncé aux anciens dieux, protestent, sans distinction de race ni de langue, contre la corruption.

Quel sera leur drapeau? Ils n'en peuvent avoir qu'un: la Révolution, la Philosophie, la Justice.

La Révolution est le nom français de l'idée nouvelle; La Philosophie est son nom germanique;

Que la Justice devienne son nom cosmopolite.

[English translation]

There are no more principles: Europe has descended into the chaos of December 2, and we advance through the void, per inania régna. What is sad is that we know it, we speak of it everywhere, and we accept it. We take our part in it as a natural thing, as an inevitable phase. "France has fallen; the times of the Late Empire have come for it:" this is the talk in the cafes of Paris. As one said in 93, France is revolutionary; in 1814, France is liberal; in 1830, France is conservative; in 1848, France is republican. A little while longer, and we will say with the same carelessness: France is rotten; and we will record its moral death.

Let Napoléon III now do as he wishes: the papacy struck, nothing could call it back to life. The faith of the peoples no longer sustains it. The judgment is without appeal: neither restrictions, nor amendements will do a thing. The pope can absolve the emperor,the emperor, confessed, reconciled, ne sauvera par the pope. And as there is not a nation in Europe of which one could not note, proofs in hand, the intellectual and moral decadence, the fall of the papacy becomes the signal of the debacle.

Now, the time of the initiating races is past. The movement will not be reborn in Europe, neither in the east, nor the west, nor the center; today, regeneration can be neither Greek, nor Latin, nor Germanic. It can only come, as eighteen centuries ago, from a cosmopolitan propaganda, sustained by all people who, after having renounced the ancient gods, protest, without distinction of race nor of language, against corruption.

What will be their flag? They can have only one: the Revolution, Philosophy, Justice.

The Revolution is the French name for the new idea; Philosophy is its German name;

Let Justice become its cosmopolitan name.