De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/72

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[original French]

expie, le pouvoir lui-même, réduit à ne gouverner plus que par la force, expie.

L'esprit de l'homme, dit M. Saint-Marc de Girardin, a perJu sa clarté ; le cœur n'a plus de joie. Nous nous sentons dans le brouillard, nous trébuchons en cherchant notre chemin, et cela nous rend tristes. La gaîté est chose rare de nos jours, même chez la jeunesse.

" Cette nation n'a pas de principes, „ disait de nous,

en 1815, lord Wellington. Nous nous en apercevons à cette heure. Avec quel surcroît d'épouvante Boyer-Coi-

lard, témoin de notre défaillance, répéterait ses paroles de

la même époque :

La société al en potusière. Il ne reste que des souvenirs, des regrets, des utopies, des folies, des désespoirs.

Toutefois le doute sur la justice et la démoralisation qu'il traîne à sa suite, n'ajoutant pas sensiblement à la somme des délits et des crimes, l'homme d'Etat, à qui il suffit du respect extérieur de la loi, n'aurait lieu jusque-là de s'en préoccuper. La statistique à la main, il montrerait que le crime est proportionnel au paupérisme, et cette moralité précieuse que ne soutient plus la conscience, il la demanderait aux combinaisons de la commandite et de l'assurance. A la religion du droit et du devoir s accéderait ainsi la religion des intérêts, et tout serait dit. L'ordre maintenu dans la rue, la force restant à la loi, l'homme d'Etat pourrait se reposer sur son œuvre, et l'on n'aurait plus qu'à répéter le proverbe : Le monde va tout seul.

Malheureusement l'histoire montre que si la sûreté des personnes et des propriétés ne peut être sérieusement atteinte par le doute moral, il n'en est pas de même de lr, famille et de la société.

Pour former une famille, pour que l'homme et la femme y trouvent la joie et le calme auxquels ils aspirent, sans lesquels, rapprochés par le désir, ils ne seront jamais qu'incomplétement unis, il faut une foi conjugale, j'entends par là une idée de leur mutuelle dignité qui, les élevant au dessus des sens, les rende l'un à l'autre encore plus sacrés que chers, et leur fasse de leur communauté féconde une religion plus douce que l'amour même. Sans cela le mariage n'est plus qu'une société onéreuse, pleine

[English translation]

expie, capacity itself, reduced to governing by force alone, expie. The spirit of the man, says Mr. Saint-Marc of Girardin, lost its clearness; the heart does not have any more joy. We feel in the fog, we stumble by looking for our way, and that returns to us sad. Gaîté is rare thing nowadays, even at youth. “This nation has no principles,” Lord Wellington told us in 1815. We realize some at this hour. With which addition of Royer-Collard terror, witness of our failure, would repeat his words of the same time. Society lies in dust. There remain only memories, regrets, Utopias, madnesses, despairs. However the doubt about there justice and the demoralization which it trails with its continuation, not adding appreciably to the sum of the offences and the crimes, the statesman, with which it is enough to the respect external of the law, would not take place up to that point en preoccupying. The statistics on hand would show that crime is proportional to pauperism, and this 253 invaluable morality that any more the conscience does not support, it would require it of the combinations of the mixed liability society and the insurance. The religion of the right and duty thus the religion of the interests would succeed, and all would be known as. The order maintained in the street, the force remaining with the law, the statesman could rest on its work, and one would have nothing more to do but repeat the proverb: The world runs itself. Unfortunately, history shows that if the safety of persons and property cannot be seriously harmed by moral doubt, it is not the same with family and the society. To form a family, so that the man and the woman find in it the joy and calm to which they aspire, without which, brought closer by desire, they will only be incompletely united, requires a conjugal faith, by which I mean an idea of their mutual dignity which, raising them above sense, renders one to the other even more sacred than dear, and makes from their fecund community a religion even gentler than love. Without that, marriage is no longer anything more than an onerous society, full