De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/87

From The Libertarian Labyrinth
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[original French]

science, l'indépendance de l'esprit, la souveraineté des. nations, la puissance de empereurs et des rois? Elle a tout perdu, et ce misérable domaine qu'elle tint jadis de la dévotion d'une princesse, ce pauvre héritage de saint Pierre, lui est encore ravi.

Et cependant l'Église résiste à toutes les attaques, elle survit à tous les schismes, à toutes les hérésies, à tous les démembrements, aux institutions de saint Louis comme aux libertés gallicanes, à Pothier comme à Descartes, à Luther comme à Voltaire. Elle a survécu à ses propres immortalités; elle a eu ses pontifes réformateurs longtemps avant la Kéforme ; et maintenant que la Réforme n'est plus qu'un mot, le concile de Trente régit sans conteste l'univers orthodoxe. Que dis-je? A mesure que les églises plus avancées qu'elle dans la philosophie et la liberté tombent en dissolution, elle en recueille les lambeaux et se reforme sans cesse par son immobilité même. C'est ainsi qu'avant de perdre sa souveraineté temporelle, elle s'était enrichie des débris de l'église gallicane, qui ne ressuscitera pas maintenant à la voix de l'empereur, qui ne se relèverait même pas à la voix du roi de France. C'est ainsi qu'elle succédera à toutes les églises soi-disant réformées, à moins que la raison de l'humanité ne conclue définitivement contre la raison de ces églises, contre la théologie. L'Église n'a que le souffle, etce souffleaété jusqu'ici plus vivace que toutes les énergies qu'elle a vues naître, plus fort que toutes les institutions qui se sont formées hors d'elle en l'imitant.

Ici donc, comme dans la Révolution, il faut admettre la présence d'un principe resté en dehors de toute atteinte : principe dont l'affaiblissement graduel est indubitable, puisque partout où l'Église s'offre avec un certain mouvement de la pensée et un degré supérieur d'instruction, comme chez les gnostiques et les réformés, elle marche à une dissolution rapide; mais principe qui, ayant conservé sa racine au plus profond des consciences, suffit à entretenir l'Église, à lui ramener sans cesse les débris de la dissidence, et qui la ferait renaître de ces cendres, comme le phénix, s'il était possible que, ce principe subsistant toujours dans les cœurs, l'Église qui en représente la foi cessât d'exister.

[English translation]

the independence of mind, the sovereignty of the nations, the power of emperors and kings? It lost everything, and this miserable domain that it formerly held with the devotion of a princess, this poor heritage of St. Peter, is ravished once again.

And yet the Church resists all the attacks, it survives all the schisms, all the heresies, all the dismemberments, the institutions of Saint Louis as to the gallicanes liberties, Pothier as well as Descartes, Luther as well as Voltaire. It survived its own immortalities; it had its reforming pontiffs a long time before the Reformation; and now that the Reformation is no longer more than a word, the council of Thirty governs the orthodox universe unquestioned. What do I say? As the churches more advanced than it in philosophy and freedom fall into dissolution, it constantly collects the scraps and is reformed by them by its very immobility. Thus before losing its temporal sovereignty, it had grown rich by the remains of the Gallican church, which will not revive now at the sound of the emperor’s voice, who would not even belong himself with the voice to the king of France. Thus it will succeed all the churches supposedly reformed, unless the reason of humanity does not conclude definitively against the reason from these churches, against theology. The Church has only the breath, and this breath was up to now more long-lived than all energies than it saw being born, stronger than all the institutions which were formed out of it of imitating it.

Here thus, as in the Revolution, there is necessary to admit the presence of a principle remained apart from very reached: principle of which gradual weakening is indubitable, since everywhere where the Church is offered with a certain movement of the thought and a higher degree of instruction, as at the gnostic ones and reformed, it goes to a fast dissolution; but principle which, having preserved its root at deepest consciences, is enough to maintain the Church, to unceasingly bring back the remains of the dissidence for him, and which would make it reappear of these ashes, like the phoenix, if it were possible that, this principle always remaining in the hearts, the Church that represents its faith ceased to exist.