De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/88

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/88/87 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/88/89

[original French]

Ce principe, créateur et conservateur de l'Église, est la Religion.

La Révolution affirme la Justice, disais-je tout à l'heure ; elle croit à l'Humanité : c'est pour cela qu'elle est invincible, et qu'elle avance toujours.

L'Eglise croit en Dieu : elle y croit mieux qu'aucune secte ; elle est la plus pure, la plus complète, la plus éclatante manifestation de l'essence divine, et il n'y a qu'elle qui sache l'adorer. Or, comme ni la raison ni le cœur de 1 homme n'ont su s'affranchir de la pensée de Dieu, qui est le propre de l'Eglise, l'Eglise malgré ses agitations, est restée indestructible.

Navis Petri non quassatur,
Contra fluctus obfirmatur,
Frustra ventii agitatur,
Non timet naufragium,

dit la prose pour la fête de saint Pierre et saint Paul. Et la prose a raison : tant qu'il restera dans la société une étincelle de foi religieuse, le vaisseau de Pierre pourra se dire garanti contre le naufrage.

A toutes les époques de l'histoire, antérieurement à la promulgation du christianisme et depuis sa propagation, le genre humain a cru, d'un consentement unanime, que la société avait pour base nécessaire la religion : que la foi théologale, était la condition sine quâ non de la vertu et que toute Justice avait sa source et sa sanction dans la Divinité.

Les rares exemples de protestations athéistes que l'histoire de la philosophie a recueillis n'ont fait que confirmer la commune croyance, en montrant que les athées, ou niaient la Justice et la morale, ou n'en donnaient qu'une fausse théorie, ou remplaçaient la garantie religieuse par celle d'une subordination arbitraire.

Or, l'analyse des idées religieuses et la logique de leur développement démontrent que, nonobstant la diversité des mythes et des rites, tous les cultes sont au fond identiques ; qu'il n'y a par conséquent et ne peut y avoir qu'une seule religion, une seule théologie, une seule Eglise; enfin que l'Eglise catholique est celle dont le dogmatisme, la discipline, la hiérarchie, le progrès, réalisent le mieux

[English translation]

This principle, creator and preserver of the Church, is Religion.

The Revolution affirms Justice, as I just said; it believes in Humanity: therefore it is invincible, and it always advances.

The Church believes in a God: it believes in it better than any sect; it is the purest, the most complete, the brightest manifestation of the divine essence, and the Church alone can truly adore it. Now, as neither the reason nor the heart of the man was able to free itself from the thought of God that belongs to the Church, the Church, in spite of its agitations, remained indestructible.

Navis Petri non quassatur,
Contra fluctus obfirmatur,
Frustra ventii agitatur,
Non timet naufragium.

says the prose of the festival of St. Peter and St. Paul. And prose rightly: as long as it will remain in society a spark of religious faith, Peter's vessel shall be able to call itself guaranteed against shipwreck.

All the times of the history, before in the promulgation of Christianity and since its propagation, mankind believed, with unanimous assent, that society had religion as its necessary foundation: that theological faith was the condition sine qua non of virtue, and that all Justice had its source and its sanction in the Divinity.

The rare examples of atheist protests recorded by the history of philosophy only confirm the common belief, by showing that the atheists either denied Justice and morality, gave only a distorted theory of them, or replaced the religious guarantee by that of an arbitrary subordination.

However, the analysis of religious ideas and the logic of their development show that, notwithstanding the diversity of the myths and the rites, all the cults are, at base, identical; that consequently, there is and can be only one religion, only one theology, only one Church; finally that the catholic Church is that of which the dogmatism, the discipline, the hierarchy, progress, best realize