De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/89

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[original French]

le principe et le type théorique de la société religieuse, celle par conséquent qui a le plus de droit au gouvernement des âmes, pour ne parler d'abord que de celui4à.

A toute objection du libre examen, à toute fin de non- recevoir de l'autorité séculière, l'Eglise peut éternellement répondre, sans qu'il soit possible à âme croyante de répliquer rien :

" Croyez-vous en Dieu?

" Croyez-vous à la nécessité de la religion ?

" Croyez-vous, par conséquent, à l'existence d'une Eglise, c'est-à-dire d'une société établie sur la pensée même de Dieu, inspirée de lui, et se posant avant tout comme expression du devoir religieux?

" Si oui, vous êtes chrétien, catholique, apostolique, romain; vous confessez le Christ et sa doctrine; vous recevez le sacerdoce qu'il a établi ; vous reconnaissez l'infaillibilité des conciles et du souverain pontife ; vous placez la chaire de saint Pierre au dessus de toutes les tribunes et de tous les trônes; vous êtes, en un mot, orthodoxe. — Si non, osez le dire : car alors ce n'est pas seulement à l'Eglise que vous déclarez la guerre, c'est à la foi du genre humain."

Entre ces deux alternatives, il n'y a de place que pour l'ignorance ou la mauvaise foi.

Il faut l'avouer : il ne s'est pas rencontré jusqu'à ce jour de nation pour dire : Je possède en moi la Justice ; je ferai mes mœurs ; je n'ai pas besoin pour cela de l'intervention d'un Etre suprême, et je saurai me passer de religion.

L'argument subsiste donc; et comme, au point de vue religieux, principe de toutes les églises, le catholicisme est resté ce qu'il y a de plus rationnel et de plus complet, l'Eglise de Rome, malgré tant et de si formidables défections, doit être réputée la seule légitime.

D'où vient alors qu'elle souffre de toute part contradiction?

D'où vient que résumant dans son histoire et dans son dogme toute tradition et toute spéculation religieuse ; à ce titre pouvant revendiquer l'initiative et la propriété de tout ce qui constitue l'état social en tant que fondé sur la religion, elle se voit souffleter par ses fils, traiter de prostituée par ses filles, tourner en ridicule par les plus petits de

[English translation]

the principle and the theoretical archetype of the religious society, thus that which is most entitled to the government of souls, not to speak initially but about that one.

To any argument raised by free examination, to any objection from secular authority, the Church can eternally answer, without it being possible with believing heart to retort anything:

“Do you Believe in a God?

“Do you Believe, consequently, in the existence of a Church, i.e. of a society founded on the very thought of God, inspired by him, and standing above all as an expression of religious duty?

“Do you Believe in the need for the religion?

“If so, you are Christian, catholic, apostolic, Roman; you confess Christ and her doctrines; you receive the priesthood that it established; you recognize the infallibility of the councils and the sovereign pontiff; you place the pulpit of Saint Peter at the top of all the platforms and all the thrones; you are, in a word, orthodox. – If not, dare to say so: because then it is not only on the Church that you declare war, it is on the faith of mankind.”

Between these two alternatives, there is room only for ignorance or bad faith.

It should be acknowledged that, to this very day, we find not a single nation to say: I have Justice in myself; I will create my own mores; I do not need the intervention of a Supreme Being for this, and I will be able to do without religion.

Thus the argument remains; and as, from the religious point of view, the first among all churches, Catholicism remained the most rational and complete, the Church of Rome, in spite of so many and such formidable defections, must be reputed as the only legitimate one.

From whence should it come, then, it suffers any amount of contradiction?

From whence comes it that, summarizing in its history and its dogma all religious tradition and speculation, and for this reason being able to assert primacy and property over all that constitutes the social state as founded on religion, it is dealt blows by its sons, treated as a prostitute by its daughters, ridiculed by the smallest of its