De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/07

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[original French]

tant de l'histoire, n'a pas plus d'emploi dans l'humanité que le désordre dans l'univers : Non datur in χόσμψ άχοσμία. Pardon, monseigneur, de ce baragouin, que j'ai vainement essayé de traduire en notre langue.

Expliquez-moi maintenant comment, d'un côté, ce même pouvoir est pour les peuples un sujet de perpétuelle méfiance, d'hostilité sourde; d'autre part, comment, malgré l'importance de sa fonction, qui devrait le rendre vénérable, sacré, il est en butte à une instabilité perpétuelle, à des catastrophes sans fin?

1° Que le gouvernement soit un sujet de méfiance pour les peuples, cela se voit rien qu'à leurs constitutions et à leurs chartes. Toujours il promet, il rassure, il offre des garanties, il se lie par des serments. Rien de plus beau et qui témoigne d'une plus grande honnêteté, d'un dévoû- meiît plus profond, que ses manifestes; rien de plus engageant que ses harangues, ses circulaires, ses messages; autant il se sait nécessaire, autant il se montre plein de bonne volonté. A quoi bon toutes ces précautions oratoires cependant, s'il est véritablement la force qui défend, la Justice qui distribue?... On le craint plus qu'on ne l'aime, on le subit plutôt qu'on n'y adhère. Le sage s'en éloigne, et il n'est âme si vulgaire qui ne tienne à honneur de se passer de lui. Le philosophe dit : Mal nécessaire! Et conclut le paysan : Que le roi fasse ses affaires, et je ferai les miennes !

Cette disposition peu amicale de la conscience publique à l'endroit du gouvernement est vieille. Ne recherchez pas l'empire, dit l'Evangile. Ne vous faites pas juges, c'est à dire souverains. Que celui qui veut commander aux autres soit traité comme forçat ! Dans le paradis promis après cette vie, l'âme bienheureuse ne connaît plus l'obéissance; elle en est affranchie comme du péché, elle partage avec le Christ son époux le règne éternel. Nos livres de dévotion sont pleins de cette image de la félicité de là-haut. Etre affranchi de tout gouvernement, quel idéal! et quelle idée !

2° Ce qui semble justifier ce sentiment des nations, c'est que partout le gouvernement apparaît dans un état d'agitation, de démolition et de reconstruction interminable. Serait-ce une loi de la société, que ce qui doit assurer en

[English translation]

of history, is no more employed in humanity than disorder is in the universe: Non datur in χόσμψ άχοσμία. Sorry, my lord, for this jibberish, which I have vainly attempted to translate into our language.

Explain to me now how, on the one hand, that same power for the people is a subject of perpetual distrust, deaf hostility; and secondly, how, despite the importance of its function, which should make it venerable and sacred, it is subject to perpetual instability, with endless disasters?

1st. That the government is a matter of distrust for the people, it shows nothing in their constitutions and their charters. Still he promises, it reassures, it offers guaranteed, it is bound by oaths. Nothing more beautiful and reflecting a greater honesty, a deeper devotion than its manifestos; nothing more engaging than its harangues, circulars, messages; so much it knows to be necessary, so much it shows itself full of goodwill. What is the point of all these oratory precautions, however, if it is truly the force that defends, the Justice that distributes? . . . It is more feared than loved, it is suffered rather than revered. The wise keep away from it, and there is no soul so vulgar that he does not take honor from passing it by. The philosopher says: Unnecessary! And the peasant concludes: Let the king attend to his affairs, and I will attend to mine!

This not very friendly disposition of the public conscience toward government is old. Seek not empire, says the Evangelist. Let whoever wishes to command others be treated as a slave! In the paradise promised after this life, the blessed soul no longer knows obedience; it is free as it is of sin, it shares the eternal reign with its husband, Christ. These books are full of devotion to this image of the bliss of heaven. To be free from all government, what an ideal! And what an idea!

2nd. What seems to justify the feeling of the nations is that government appears everywhere in an interminable state of turmoil, demolition and reconstruction. Is it a law of society that what should ensure