De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/106

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[original French]

tives, le pouvoir est, par nature, étranger au droit; c'est de la force.

Disons cependant que, la force étant un attribut de toute réalité, et toute force pouvant s'accroître indéfiniment par l'association, la conscience acquiert d'autant plus d'énergie chez les hommes et le respect de la Justice de certitude, que le groupe social est plus nombreux et mieux formé : c'est ce qui fait que dans une société civilisée, si corrompue ou asservie qu'elle soit, il y a toujours plus de Justice que dans une société barbare.

D. — Qu'entend-on par division des pouvoirs?

R. — C'est l'unité même du pouvoir, considérée dans la diversité des groupes qui le forment. Selon que l'observateur se place au centre du faisceau, et de là parcourt la série des groupes, le pouvoir lui paraît divisé ; selon qu'il regarde la résultante des forces en rapport, il voit l'unité. Toute séparation véritable est impossible. C'est pour cela que l'hypothèse de deux pouvoirs indépendants, ayant chacun leur monde à part, tels que l'on se figure aujourd'hui le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, est contraire à la nature des choses, une utopie, une absurdité.

D. — Quel est l'objet propre du pouvoir social?

R. — Il résulte de sa définition : c'est d'ajouter sans cesse à la puissance de l'homme, à sa richesse et à son bien-être, par une production supérieure de force.

D. — A qui le bénéfice du pouvoir social, et généralement de toute force collective?

R. — A tous ceux qui ont concouru à le former, au prorata de leur contribution.

D. —Quelle est la limite du pouvoir?

R. — Le pouvoir, par nature et destination, n'a pas d'autre limite que celle du groupe qu'il représente, des intérêts et des idées qu'il doit servir.

Cependant, on entend par limite du pouvoir, ou des pouvoirs, ou plus exactement de l'action du pouvoir, la détermination attributive des groupes et sous-groupes dont il est l'expression générale. Chacun de ces groupes et sous-groupes, en effet, jusqu'au dernier terme de la série sociale qui est l'individu, représentant vis-à-vis des autres, dans la fonction qui lui est dévolue, le pouvoir social, il s'ensuit que la limitation du pouvoir, ou mieux sa

[English translation]

power is, by nature, foreign to right; it is force. Let us say however that, force being an attribute of any reality, and any force being able to increase indefinitely by association, consciousness acquires all the more energy in men and the respect of Justice all the more certainty in so far as the social group is more numerous and better formed: this is why in a civilized society, however corrupt or servile it may be, there is always more Justice than in a barbarian society.

Q. — What is to be understood by the division of powers?

A. — It is the very unity of power, considered in the diversity of the groups which form it. If the observer is placed in the center of the bundle, and from there traverses the series of the groups, the power appears to him divided; if he looks at it as the resultant of the forces in relation, he sees its unity. Any true separation is impossible. It is thus that the assumption of two independent powers, each having their share of the world, such as spiritual power and temporal power appear today, is against the nature of things, a utopia, a nonsense.

Q. — What is the proper object of the social power?

R. — It results from its definition: it is to add unceasingly to the power of man, his wealth and his well-being, by a higher production of force.

Q. — Who benefits from the social power, and generally from any collective force?

A. — All those which contributed to form it, in proportion to their contribution.

Q. — What is the limit of power?

A. — Power, by nature and destination, has no limits other than those of the group that it represents, those of the interests and the ideas that it must serve.

However, by the limit of power, or powers, or more exactly of the action of power, we mean that which is determined by the groups and sub-groups of which it is the general expression. Since each of these groups and sub-groups, indeed, up to the last term of the social series that is the individual, represents the social power with respect to the others, in terms of its function, it follows that the limitation of power, or rather, its