De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/117

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[original French]

taire, émergeant tantôt de la lutte, tantôt de l'accord des Etats;

Idée d'une balance des forces économiques et sociales, essayée sous le nom de balance des pouvoirs ;

Elaboration du droit, expression supérieure de l'homme et de la société ;

Intelligence plus large de l'histoire, à recommencer au point de vue de cette physiologie de l'être collectif; tant de siècles d'une civilisation négative en apparence, parce qu'elle était ennemie de l'égalité , devenant des siècles d'affirmation, en montrant la genèse et l'équilibre des forces :

Voilà ce qu'au dessous des révolutions et des cataclysmes découvre la pensée philosophique ; voilà, pour la constitution de l'ordre à venir, le fruit de tant de déceptions et de douleurs.

D. — C'est la paix perpétuelle que vous annoncez après tant d'autres. Mais ne pensez-vous pas que la guerre, ayant son principe dans les abîmes insondables du cœur humain, la guerre que toutes les religions préconisent, qu'un rien suffit à engager, comme le duel, soit incoercible, indestructible?

R. — La guerre, dans laquelle le chrétien adore le jugement de Dieu, que de soi-disant rationalistes attribuent à l'ambition des princes et aux passions populaires, la guerre a pour cause le défaut d'équilibre entre les forces économiques, et l'insuffisance du droit écrit, civil, public et des gens, qui sert de règle. Toute nation en qui la balance économique est violée, les forces de production constituées en monopole, et le pouvoir public livré à la discrétion des exploitants, est, ipso facto, une nation en guerre avec le reste du genre humain. Le même principe d'accaparement et d'inégalité qui a présidé à sa constitution politique et économique la pousse à l'accaparement, per fas et nef as, de toutes les richesses du globe, à l'asservissement de tous les peuples : il n'y a pas dans le monde de vérité mieux établie. Que l'équilibre se fasse donc, que la Justice arrive, et toute guerre est impossible. Il n'y a plus de force pour la soutenir ; ce serait supposer une action du néant contre la réalité, une contradiction.

D. — Vous expliquez tout par des forces collectives,

[English translation]

force, sometimes emerging from the struggle of States, sometimes from their agreement;

The idea of a balance of economic and social forces, attempted in the name of a balance of powers;

The development of right, the highest expression of man and society;

A greater understanding of history, to resume the perspective of this physiology of the collective being; so many centuries of a civilization that was seemingly negative, because it was the enemy of equality, becoming centuries of affirmation, demonstrating the genesis and equilibrium of forces:

Here are what philosophical thought discovers underneath the revolutions and cataclysms; here, for the constitution of the order to come, the fruit of so many sorrows and disappointments.

Q. — It is the perpetual peace which you announce after so many others. But do you not think that war, having its principle in the unsoundable abysses of the human heart, the war that all religions commend, that nothing is enough to engage, like the duel, is incoercible, indestructible?

A. — War, in the person of which the Christian worships the judgment of God, which some so-called rationalists attribute to the ambition of princes and popular passions, is caused by the imbalance of economic forces and the insufficiency of the statutory, civil, public and popular law that serves as a rule. Any nation in which the economic balance is violated, the forces of production constituted as a monopoly, and public authority given over to the discretion of exploiters is, ipso facto, a nation at war with the remainder of mankind. The very principle of monopolization and inequality that presided over its political and economic constitution pushes it to the monopolization, per fas et nefas, of all the globe’s wealth, to the subjugation of all peoples: no truth in the world is better established. Let balance be thus established, let Justice arrive, and all war is impossible. There is no more force to sustain it; it would imply an action of nothingness upon reality, a contradiction.

Q. — You explain everything by collective forces,