De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/121

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[original French]

nisme supérieur, formé par le rapport des groupes industriels, et à la puissance commutative qui en résulte.

La Révolution, renouvelant le droit civil aussi bien que le droit politique, place dans le travail, et rien que dans le travail, la justification de la propriété. Elle nie que la propriété, fondée sur le bon plaisir de l'homme, et considérée comme manifestation du moi pur, soit légitime. C'est pourquoi elle a aboli la propriété ecclésiastique, non fondée sur le travail, et qu'elle a converti, jusqu'à nouvel ordre, le bénéfice du prêtre en salaire. Or, qu'est-ce que la propriété, ainsi balancée par le travail et légitimée par le droit? La réalisation de la puissance individuelle. Mais la puissance sociale se compose de toutes les puissances individuelles : dont elle exprime aussi un sujet. La Révolution ne pouvait d'une façon plus énergique affirmer son réalisme.

Sous le régime du droit divin, la loi est un commandement : elle n'a pas son principe dans l'homme. La Révolution, par l'organe de Montesquieu, l'un de ses pères, change cette notion : elle définit la loi le rapport des choses, à plus forte raison le rapport des personnes, c'est à dire des facultés ou fonctions, donnant par leur coordination naissance à l'être social.

Venant au gouvernement, la Révolution dit formellement qu'il doit être constitué d'après le double principe de la division des pouvoirs et de leur pondération. Or, qu'est-ce que la division des pouvoirs? La même chose que ce que les économistes appellent division du travail, et qui n'est autre qu'un aspect particulier de la force collective. Quant à la pondération, si peu comprise d'ailleurs, je n'ai pas besoin de dire qu'elle est la condition d'existence des êtres organisés, pour qui l'absence d'équilibre entraîne maladie et mort.

Il est inutile de rappeler les actes, plus ou moins réguliers, accomplis depuis 1789 en vertu de cette ontologie révolutionnaire : centralisation administrative, unité de poids et mesures, création du grand-livre, fondation des écoles centrales, établissement de la Banque de France, sous nos yeux fusion des chemins de fer, en attendant leur exploitation par l'Etat et leur conversion en un système de sociétés ouvrières. Tous ces faits, et bien d'autres, témoi-

[English translation]

formed by the relation of the industrial groups, and with the commutative power which results from it.

The Revolution, renewing civil right as well as political right, places in labor, and only in labor, the justification for property. It denies that property founded on man’s arbitrary whim and considered as manifestation of pure ego is legitimate. This is why it abolished ecclesiastical property, which was not founded on work, and why it converted, until the new regime, the benefit of the priest into wages. However, what is property, thus balanced by work and legitimated by right? The realization of individual power. But social power is composed of all the individual powers: of which it also expresses a subject. The Revolution could not affirm its realism more energetically.

Under the regime of divine right, the law is a commandment: it does not have its principle in man. The Revolution, in the person of Montesquieu, one of its fathers, changes this concept: it defines the law as the relation of things, and with stronger reason, as the relation of persons, i.e., of faculties or functions, giving birth to the social being through their coordination.

Turning to the matter of government, the Revolution says formally that it must be made up according to the double principle of the division of powers and their balance. However, what is the division of powers? The same thing as what the economists call division of labor, which is nothing more than a particular aspect of the collective force. As to the balance of powers, a subject otherwise little understood, I need say only that it is the condition of existence of organized beings, for which the absence of balance entails disease and death.

It is useless to recall the acts, more or less regular, accomplished since 1789 under the terms of this revolutionary ontology: administrative centralization, unification of weights and measurements, the creation of the general ledger, the foundation of the centralized school system, the establishment of the Bank of France, the amalgamation, under our very eyes, of the railroad systems in preparation for their exploitation by the State and their conversion into a system of workers’ associations. All these facts, and many others, testify