De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/124

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[original French]

R. Pour nous en faire une idée, plaçons-nous au point de vue du budget, et posons un principe.

Le gouvernement a pour objet de protéger la liberté et de faire observer la Justice. Or, la liberté et la Justice tendent par nature à la gratuité : elles se chargent pour ainsi dire d'elles-mêmes. De même que le travail,T'échange, le crédit, elles n'ont à se défendre que contre les parasites qui, sous prétexte de les protéger et représenter, les absorbent.

Que coûte la liberté du commerce? Rien; peut-être un supplément de frais pour l'entretien des marchés, ports, routes, canaux, chemins de fer, motivé par l'affluence plus grande des marchands.

Que coûtent la liberté de l'industrie, la liberté de la presse, toutes les libertés? Rien encore, sinon quelques mesures d'ordre relatives à la statistique, aux brevets d'invention et de perfectionnement, droits d'auteur, etc.

En deux mots, l'ancien Etat, par l'anomalie de sa position, tend à compliquer ses ressorts, ce qui veut dire à augmenter indéfiniment ses frais ; le nouveau, par sa nature libérale, tend à réduire indéfiniment les siens : telle est, exprimée en langage budgétaire, leur différence.

Il suffit donc, pour avoir le gouvernement libre, normal, à bon marché, de retrancher, réduire ou modifier, dans le budget actuel, tous les articles portés en sens contraire des principes' que nous avons établis. C'est tout le système : il n'y a pas à se préoccuper d'autre chose.

D. — Donnez un aperçu du nouveau budget.

R. — Supposons la Révolution faite, la paix assurée au dehors par la fédération des peuples, la stabilité garantie au dedans par la balance des valeurs et des services, par l'organisation du travail, et par la réintégration du peuple dans la propriété de ses forces collectives.

Dette publique. — Néant. Il implique contradiction que dans une société où les services sont balancés, les fortunes nivelées, le crédit organisé sur le principe de mutualité, l'Etat puisse contracter des dettes, comme si cette société disposait d'autre chose que de ses instruments de production et de ses produits. Nul ne peut devenir son propre préteur, autrement que par le travail. Ce que l'ancien gouvernement est incapable de faire, la nouvelle démocratie

[English translation]

A. — For us to form an idea of it, let us look at it from the point of view of the budget, and posit a principle.

The government has the aim of protecting freedom and making sure that Justice is observed. However, by their nature, freedom and Justice tend to be gratuitous: they take care of themselves, so to speak. Just as work, exchange, and credit have only to be defended against the parasites who, under the pretext of protecting and representing them, absorb them.

What does freedom of trade cost? Nothing; perhaps a supplement of expenses for the maintenance of the markets, ports, roads, channels, railroads, moved by the larger multitude of the merchants.

What does freedom of industry cost, the freedom of the press, all freedoms? Again, nothing, if not some measurements of order relating to the statistics, the improvement and patents, royalty, etc

In two words, the old State, by the anomaly of its position, tends to complicate its mechanisms, which means increasing its expenses indefinitely; the new one, by its liberal nature, tends to reduce them indefinitely: such is the difference between them, expressed in budgetary language.

Thus, to have a government that is free, reasonable, and cheap, it is enough to simply cut off, reduce, or modify all the articles in the current budget that are contrary to the principles here established. That is the whole system: there is nothing else to be concerned with.

Q. — Give an outline of the new budget.

A. — Let us suppose the Revolution to have been accomplished, peace with the outside world assured by the federation of peoples, stability guaranteed to the interior by the balance of values and services, by the organization of labor, and by the restoration of the people to ownership of its own collective forces.

National debt. — Nothing. It would imply a contradiction, in a society where services are balanced, fortunes levelled, credit organized on the principle of reciprocity, to suppose that the State should contract debts, as if this society had at its disposal anything but its means of production and its products. No one can become his own lender, otherwise than by labor. What the old government is unable to do, the new democracy