De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/128

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[original French]

l'égalité par des principes et des institutions, elle est inutile : il n'en faut pas d'autre que celle des 20 arrondissements de Paris appuyés par le peuple des 86 départements, et accomplissant son mandat en trois fois vingt-quatre heures. Si au contraire la dictature n'est à autre fin que de venger les injures du parti, de mettre les riches à contribution et de mater une multitude frivole, c'est de la tyrannie : nous n'avons rien de plus à en dire.

La dictature eut de tout temps, elle a plus que jamais la faveur populaire. C'est le rêve secret de quelques fous, l'argument le plus fort que la démocratie puisse fournir à la conservation du régime impérial.

D. — Quelle est votre opinion sur le suffrage universel?

R.— Tel quel'ont fait depuis 89 toutes les constitutions, le suffrage universel est l étranglement de la conscience publique, le suicide de la souveraineté du peuple, l'apostasie de la Révolution. Un pareil système de suffrages peut bien, à l'occasion, et malgré toutes les précautions prises contre lui, donner au pouvoir un vote négatif, tel qu'a été le dernier vote parisien (1857) : il est incapable de produire une idée. Pour rendre le suffrage universel intelligent, moral, démocratique, il faut, après avoir organisé la balance des services et assuré, par la libre discussion, l'indépendance des suffrages, faire voter les citoyens par catégories de fonctions, conformément au principe de la force collective qui fait la base de la société et de l'Etat.

D. — Quelle sera la politique vis-à-vis de l'étranger?

R. — Elle est très simple. La Révolution doit faire le tour du monde : les peuples sont fonctions les uns des autres, de même que, dans l'Etat, les groupes industriels et les individus. Tant que l'équilibre ne sera pas fait sur le globe, la Révolution pourra se croire en danger.

D. — La Révolution, supposée faite à Paris ou à Berlin, va-t-elle déclarer la guerre au monde entier?

R. — La Révolution n'agit point à la manière du vieux principe gouvernemental, aristocratique ou dynastique. Elle est le droit, la balance des forces, l'égalité. Elle ne fait acception ni de cités ni de races. Elle n'a pas de conquêtes à poursuivre, de nations à asservir, de frontières à défendre, de forteresse à bâtir, d'armée à nourrir, de lauriers à cueillir, de prépondérance à maintenir. Sa poli-

[English translation]

equality by principles and institutions, it is useless: one does not need for that anything other than the 20 districts of Paris supported by the people of the 86 departments, achieving their mandate in three times twenty-four hours. If, on the contrary, the only end of the dictatorship is to avenge insults to the party, to rein in the rich and subdue a frivolous multitude, then it is tyranny: we have nothing more to say about it.

Dictatorship has enjoyed popular acclaim at all times; it does so now more than ever. It is the secret dream of some lunatics, the most extreme argument that democracy can provide for the conservation of the imperial mode.

Q. — What is your opinion on universal suffrage?

A. — As all constitutions have established it since ‘89, universal suffrage is the strangulation of the public conscience, the suicide of popular sovereignty, the apostasy of the Revolution. Such a system of votes can well, on the occasion, and despite all the precautions taken against it, give a negative vote to power, as did the last Parisian vote (1857): it is unable to produce an idea. To make the vote for all intelligent, moral, democratic, it is necessary, for having organized the balance of the services and having ensured, by the free discussion, the independence of the votes, to make vote the citizens by categories of functions, in accordance with the principle of the collective force which forms the basis of society and the State.

Q. — What will be the policy with respect to the foreigner?

A. — It is very simple. The Revolution must spread around the world: peoples are functions of one another, just as, in the State, the industrial groups and the individuals. As long as balance will not be made on the sphere, the Revolution will be able to be believed in danger.

Q. — Will the Revolution, presumably made in Paris or Berlin, declare war on the whole world?

A. — The Revolution does not act in the manner of the old governmental, aristocratic or dynastic principle. It is right, the balance of forces, equality. It recognizes neither cities nor races. It has no conquests to pursue, nations to subjugate, borders to defend, fortresses to build, army to feed, laurels to gather, hegemony to maintain. Its policy