De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/129

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[original French]

tique au dehors consiste à prêcher d'exemple. Qu'elle se réalise sur un point, et le nionde la suit. La puissance de ses institutions économiques, la gratuité de son crédit, l'éclat de sa pensée, lui suffisent pour convertir l'univers.

D. — L'antique société ne cédera pas sans résistance : quels sont les alliés naturels de la Révolution?

R. — Toute alliance de peuple à peuple est déterminée par l'idée ou l'intérêt qui le domine. Est-ce le capital qui gouverne? nous avons l'alliance anglaise; le despotisme? nous avons l'alliance russe ; l'esprit dynastique ? nous avons les mariages espagnols et les guerres de succession. La Révolution a pour alliés tous ceux qui souffrent oppression et exploitation : qu'elle paraisse, et l'univers lui tend les bras.

D. — Que pensez-vous de l'équilibre européen?

R. —Pensee glorieuse d'Henri IV, dont la Révolution peut seule donner la vraie formule. C'est le fédéralisme universel, garantie suprême de toute liberté et de tout droit, et qui doit, sans soldats ni prêtres, remplacer la société chrétienne et féodale.

D. — La fédéralisme a peu de faveur en France : ne pourriez-vous rendre autrement votre idée?

R. — Changer les noms des choses, c'est transiger avec l'erreur. Quoi qu'en ait dit la prudence jacobine, le véritable obstacle au despotisme est dans l'union fédérative. Comment les rois de Macédoine devinrent-ils maîtres de la Grèce? En se faisant déclarer chefs de l'amphictyonie, c'est à dire en se substituant à la confédération des peuples hellènes ? Pourquoi, après la chute de l'empire romain, l'Europe catholique ne peut-elle se reformer en un seul Etat? Parce que la pensée mère de l'invasion était l'indépendance, c'est à dire la négation de l'unité. Pourquoi la Suisse est-elle demeurée une république? Parce qu'elle est, comme les Etats-Unis, une confédération. Qu'était la Convention elle-même? Son nom le prouve, une assemblée de fédérés. Ce qui est vrai des Etats l'est, par une égale raison, des villes et districts d'un même Etat : le fédéralisme est la forme politique de l'humanité.

D. — Que deviennent, dans cette fédération où la ville est autant que la province, la province autant que l'em-

[English translation]

toward the outside consists in preaching by example. If it is realized at one point the world shall follow it. The power of its economic institutions, the gratuity of its credit, the brilliance of its thought, are enough for it to convert the universe.

Q. — The old society will not yield without resistance: who are the natural allies of the Revolution?

A. — Any alliance of a people with another people is given by the idea or the interest that dominates it. Is it capital that governs? then we have the English alliance; despotism? then we have the Russian alliance; the dynastic spirit? then we have the Spanish marriages and the wars of succession. The Revolution has for its allies all those who suffer oppression and exploitation: let it appear, and the universe will open its arms.

Q. — What do you think of the European balance of power?

A. — A glorious notion of Henri IV’s, of which only the Revolution can give the true formula. It is universal federalism, the supreme guarantee of all freedom and rights, and which must, without soldiers or priests, replace Christian and feudal society.

Q. — Federalism finds little favor in France; couldn’t you render your idea in a different way?

A. — To change the names of things is to compromise with error. No matter what Jacobin prudence says, the true obstacle to despotism is in the federative union. How did the kings of Macedonia become masters of Greece? By being declared heads of the amphictyonie, i.e. in substituting themselves for the confederation of the Hellenic peoples. Why, after the fall of the Roman Empire, cannot catholic Europe be reformed into only one State? Because the foremost thought of the invasion was independence, i.e. the negation of unity. Why has Switzerland remained a republic? Because it is, like the United States, a confederation. What was the Convention itself? Its name proves it, a federative assembly. What is true of States, is, by equal reason, true of the cities and districts of the same State: federalism is the political form of humanity.

Q. — In this federation, where the city is equal to the province, the province equal to the empire, the empire