De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/132

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/132/131 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/132/133

[original French]

tiormel, condition sine quâ non de la royauté moderne, a détruit le prestige de la monarchie. Le chef couronné de l'Etat n'est plus nnvrai roi, c'est un médiateur entre les partis. Que sera-ce, quand l'équilibre se produira de lui- même dans l'Etat par le fait de l'équilibre des forces économiques? Les rois eux-mêmes ne se prennent plus au sérieux : ils ne sont plus la personnification de leurs peuples. La postérité des rois peut revenir, nous savons d'avance à quelles conditions, la royauté jamais. Elle n'est plus même un mythe : Non datur regnum aut imperium in œconomiâ.

D. — Et du système parlementaire qu'augurez-vous?

R. — Malgré ses précédents équivoques, la bascule qui l'a déshonoré si longtemps tenant à des causes purement économiques, sa réapparition est inévitable. Le parlement est devenu une forme de la pensée française : il survivra à toutes les dynasties. La révolution économique, en constituant selon les vrais principes le pouvoir social, modifiera peut-être les mœurs parlementaires ; elle n'abrogera pas l'institution. Les langues et le génie des langues varient; l'éloquence revêt des formes plus ou moins heureuses : la parole est inamovible comme la pensée.

D. — Quel a été, jusqu'à présent, le plus grand acte de la Révolution ?

R.— Ce n'est ni le serment du Jeu de paume, ni le 4 août, ni la Constitution de 91, ni le jury, ni le 21 janvier, ni le calendrier républicain, ni le système des poids et mesures, ni le grand-livre : c'est le décret de la Convention du 10 novembre 1793, instituant le culte de la Raison. De ce décret est émané le sénatus-consulte du 17 février 1810 qui, en réunissant l'Etat du pape à l'empire, déchira pour toute l'Europe le pacte de Charlemagne.

D. — Quel sera le plus grand acte de la Révolution dans l'avenir?

R. — La démonétisation de l'argent, dernière idole de l'Absolu.

D. — La République organisée selon les principes de l'économie et du droit, croyez-vous l'Etat à l'abri de toute agitation, corruption et catastrophe?

R. — Assurément, puisque, grâce à la balance universelle, n'étant plus possible à âme qui vive de s'approprier,

[English translation]

the condition sine qua non of modern royalty, destroyed the prestige of monarchy. The crowned head of State is no longer a true king; he is a mediator between parties. What need will this be of one when balance in the State will come of its own accord by virtue of the very fact of the balance of economic forces? The kings themselves are no longer taken seriously: they are no longer the personification of their people. The posterity of kings may return, we know in advance under what conditions, the royalty never. It is no longer even a myth: Non datur regnum aut imperium in œconomia.

A. — In spite of its preceding ambiguities, the seesawing that so long dishonoured it pertaining to purely economic causes, its reappearance is inevitable. The Parliament has become a form of French thought: it will survive all the dynasties. The economic revolution, by constituting the social power according to true principles, will perhaps modify parliamentary manners; it will not repeal the institution. Languages and the geniuses of languages vary; eloquence clothes itself in forms more or less happy: the word is as irremovable as the thought.

Q. — What was, until now, the greatest act of the Revolution?

A. — It was neither the Tennis Court Oath, nor August 4, nor the Constitution of ‘91, nor the jury, nor January 21, nor the Republican calendar, nor the system of weights and measures, nor the ledger: it was the decree of the Convention of November 10, 1793, instituting the worship of Reason. This decree issued from the senatus-consult of February 17, 1810 which, joining the papal State to the Empire, tore up the pact of Charlemagne for all of Europe.

Q. — What will be the greatest act of the Revolution in the future?

A. — The demonetization of silver, the last idol of the Absolute.

Q. — The Republic once having been organized according to principles of economy and right, do you believe the State secure against all agitation, corruption and catastrophe?

A. — Undoubtedly, since, thanks to the universal balance, it is impossible for a single living soul to appropriate,