De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome II/44

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[original French]

Dieu du ciel, et ce pays, il se glisse une feuille de papier, en quelque sorte comme une deuxième Providence, pour nous gouverner avec ses paragraphes et remplacer par eux l'antique et sainte fidélité.

C'est contre cette doctrine que se sont produites, depuis la fin de l'empire romain, toutes les protestations de la conscience universelle et les grands actes de l'histoire : querelle des investitures, séparation du spirituel et du temporel, tentatives d'Arnaud de Bresce et de Rienzi, priviléges de l'Eglise gallicane, schisme d'Avignon, institution des parlements, chartes bourgeoises, concordats, et, pour tout dire, la Révolution française, dont le crime, aux yeux de l'Eglise, est bien moins de lui avoir retiré ses biens que d'avoir élevé le gouvernement sur la Justice, en fondant la Justice elle-même sur l'Humanité.

Mais il est temps de suivre l'Eglise dans sa pratique : la pratique, bien plus que la parole, est l'expression de l'idée.


chapitre iv
Pratique du gouvernement type, ou gouvernement sacerdotal.

XX. — Quelques-uns ont écrit, et Bossuet semble avoir penché vers cette opinion, qu'autrefois l'Eglise, par ses conciles, était une sorte de gouvernement représentatif; qu'ainsi les vrais principes de l'ordre politique étaient en elle, longtemps avant que la Révolution les affirmât. Une partie du bas clergé incline vers cette doctrine, dont l'assassin de monseigneur Sibour fut le triste apôtre.

Encore une illusion, qu'une philosophie judicieuse ne saurait autoriser.

La constitutionnalilé de l'Eglise n'est pas plus vraie que son républicanisme. Ce serait prendre, en effet, on ne peut plus mal à propos, une des formes du gouvernement humain, passagèrement suivie dans l'Eglise, mais que l'Eglise a toujours impatiemment supportée, pour la forme du gouvernement ecclésiastique, qui n'est autre que celui de la Providence même.

[English translation]

God of heaven and this country should slip a piece of paper, in the manner of a second Providence, to govern ourselves with its paragraphs and replace the ancient and holy fidelity.

This is the doctrine that has been produced since the end of the Roman Empire, all the protestations of universal conscience and the great acts of history: the quarrel of investitures, the separation of the spiritual and the temporal, the attempts of Arnaud de Bresce and Rienzi, the privileges of the Gallican Church, the schism of Avignon, the institution of parliaments, bourgeois charters, concordats, and, in short, the French Revolution, whose crime, in the eyes of the Church, is much less that of having stolen its goods than that of having raised government on a foundation of Justice, founding Justice itself on humanity. But it is time to follow the Church in its practice: practice, much more than words, is the expression of the idea.


chapter iv
The classical practice of government, or sacerdotal government.

XX. — A few have written, and Bossuet seems to have been inclined toward this view, that the Church of former times, through its councils, was a kind of representative government, and that thus the true principles of political order were in it long before the Revolution came to affirm them. A portion of the lower clergy inclined toward this doctrine, of which the assassin of Bishop Sibour was the sad apostle.

Another illusion, that a sensible philosophy would not allow.

The constitutionality of the Church is no more true than its republicanism. It would take, in fact, could not be more wrong about, one of the forms of human government, temporarily followed in the Church, but the Church has always eagerly supported, the shape of ecclesiastical governance, which is other than that of Providence itself.